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Etats-Unis: vers une frappe de drone contre un citoyen?

Un drone du service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (photo d'illustration)

Un drone du service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (photo d'illustration) - -

L'homme est soupçonné d'appartenir à al-Qaïda et de préparer des attentats contre des Américains à l'étranger, ont rapporté lundi des médias américains.

La question soulève un intense débat au sein de l'administration américaine. En effet, celle-ci s'interroge sur l'opportunité de tuer ou non à l'aide d'une frappe de drone un ressortissant américain soupçonné d'appartenir à al-Qaïda, et de préparer des attentats contre des Américains à l'étranger.

Cet homme est déjà "directement responsable" de la mort de ressortissants américains et planifie d'autres attentats à l'aide de bombes artisanales, selon des responsables s'exprimant sous couvert de l'anonymat cités par la presse américaine et notamment l'agence Associated Press. Ni son identité ni le pays dans lequel il se trouve n'ont été divulgués par les médias.

Mémorandum de mai 2013

Le débat au sein de l'administration porte notamment sur le caractère "imminent" de la menace qu'il représente, une nécessité imposée par un mémorandum de mai 2013 afin de déterminer les circonstances dans lesquelles la CIA et le Pentagone peuvent avoir recours à des frappes de drones à l'étranger.

Les discussions portent aussi sur les conséquences politiques de l'assassinat d'un ressortissant américain par son propre pays. Le département de la Justice est en train d'évaluer les conséquences juridiques d'une éventuelle frappe, selon la presse.

Les Etats-Unis ont par le passé éliminé l'imam radical américano-yéménite Anwar Al-Aulaqi dans un bombardement de drone au Yémen en septembre 2011, une action dénoncée par certains comme contraire à la Constitution.

Plusieurs ONG, notamment Amnesty International et la puissante Union américaine de défense des libertés (ACLU) ont dénoncé lundi avec vigueur la manque de "transparence" qui continue de perdurer s'agissant des frappes de drones.

Dans un discours prononcé le 23 mai 2013, Barack Obama avait précisé sa politique sur ce sujet. "Lorsqu'un Américain part à l'étranger pour mener la guerre contre les Etats-Unis, et que ni les Etats-Unis ni nos partenaires ne sont en position de le capturer avant qu'il ne mène à bien un complot, sa nationalité ne devrait pas le protéger, pas plus qu'un tireur isolé en train de faire feu sur la foule ne devrait être protégé d'un commando de la police", avait-il jugé.

M.G. avec AFP