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États-Unis: mort d'un adolescent noir asphyxié dans un centre pour délinquants

Black Lives Matter

Black Lives Matter - Mark Makela - Getty Images via AFP

Polémiques en réaction au décès d'un adolescent noir de 16 ans qui a été plaqué au sol par les éducateurs du centre dans lequel il séjournait.

La diffusion d'une vidéo montrant un adolescent noir perdre conscience après avoir été asphyxié par des membres du personnel d'un centre pour délinquants, a suscité l'émoi ce mercredi aux États-Unis.

Cornelius Fredericks, 16 ans, est mort le 1er mai, deux jours après avoir été plaqué au sol par plusieurs éducateurs de l'Académie Lakeside à Kalamazoo, dans le Michigan, pour avoir lancé un sandwich sur un autre jeune dans la cafétéria du centre.

"Exécuté pour avoir lancé un sandwich"

La scène a été enregistrée par les caméras de surveillance du centre. On y voit le jeune homme jeter un sandwich, puis être mis à terre par plusieurs hommes qui utilisent leur poids pour le maîtriser. Après une dizaine de minutes, l'adolescent semble inconscient et le personnel tente alors un massage cardiaque avant d'appeler les secours.

Cette "horrible vidéo" de plus de dix minutes révèle une "culture de peur et d'abus" dans ce centre pour délinquants où la pratique "régulière" de l'asphyxie "est une forme de punition", a assuré mardi l'avocat de la famille de la victime, Geoffrey Fieger, en rendant publiques les images.

Le jeune homme "a été exécuté le 29 avril pour le crime d'avoir lancé un sandwich", a-t-il dénoncé. Les sept membres du personnel qui l'ont immobilisé "l'ont privé d'oxygène et son cerveau a subi des lésions irréversibles".

Trois membres du personnel inculpés

L'avocat a entamé en juin des poursuites au civil contre les membres du personnel impliqués et la société privée qui gère le centre, sous contrat avec l'État du Michigan. La gouverneure avait alors dénoncé une mort "insensée" et "intolérable", et annoncé mettre fin à ces contrats.

Deux éducateurs et une infirmière ont été inculpés pour homicide involontaire et agression sur mineur. "Même si Cornelius Fredericks a crié 'Je ne peux pas respirer', les accusés ont continué à le maîtriser de façon inappropriée, le tuant", estime l'avocat dans la plainte.

Une mort qui rappelle celle de George Floyd

La mort de Cornelius Fredericks rappelle celle de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai, dont l'agonie avait été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Son décès a déclenché un vaste mouvement de colère contre les violences policières et le racisme.

"L'usage excessif de la contrainte et l'absence d'intérêt pour la vie de Cornelius rappelle dans une comparaison sinistre la mort de George Floyd", souligne Geoffrey Fieger.

L'avocat a précisé mardi que la société gérante avait proposé un règlement à l'amiable de moins d'un million de dollars de dédommagement à la famille de l'adolescent.

B.F. avec AFP