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Washington: les manifestants pro-Trump envahissent le Capitole, la séance au Congrès interrompue

Le processus de validation de la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine a commencé au Congrès sous une extrême tension ce mercredi. Des manifestants pro-Trump se sont introduits dans le Capitole et la police a été contrainte de faire usage de son arme.

Des milliers de manifestants favorables au président Donald Trump ont envahi la colline du Capitole à Washington, ce mercredi après-midi, plongeant dans la confusion la session du Congrès qui devait confirmer mercredi la victoire de Joe Biden à l'élection présidentielle du 3 novembre.

Les manifestants ont fait irruption lors des débats de la Chambre des représentants, ont investi les terrasses du Capitole et provoqué l'évacuation des bâtiments du Congrès. La séance extraordinaire qui était en cours au Congrès a ainsi du être interrompue en urgence et les deux chambres, Sénat et Chambre des représentants, ont été placées en confinement. Les parlementaires, eux, ont reçu la consigne de d'enfiler des masques à gaz et de s'allonger au sol, selon des élus.

Des manifestants devant le Congrès américain ce mercredi.
Des manifestants devant le Congrès américain ce mercredi. © BFMTV

Au moins une personne grièvement blessée

Selon un journaliste du New-York Times présent sur place, les sénateurs ont du être évacués du bâtiment, alors qu'un élu rapportait que du gaz lacrymogène avait été utilisé dans la rotonde du Capitole. Vers 15 heures (heure de Washington), la police a d'ailleurs demandé aux parlementaires de porter des masques à gaz car elle envisageait d'évacuer certaines parties du bâtiment de cette manière.

Un quart d'heure plus tard, un élu rapporte à l'AFP que des policiers ont été contraints de dégainer leurs armes à l'intérieur du bâtiment afin de protéger les parlementaires. Selon la chaîne américaine CNN, une personne a été gravement blessée par balle à l'intérieur du Capitole. La victime est une femme qui a reçu une balle dans l'épaule, selon un agent cité par le Washington Post. Elle a été évacuée sur un brancard et se trouve dans un état critique, selon CNN.

La Maison Blanche a indiqué, vers 15h45 (heure locale) que des militaires de la Garde nationale allaient être envoyés à Washington à la demande du président Donald Trump.

"Une tentative de coup d'État", selon des élus

Dans l'après-midi, plusieurs élus américains ont ainsi dénoncé une tentative de "coup d'Etat" des partisans du président sortant. "Nous assistons à une tentative de coup d'Etat encouragée par le criminel de la Maison Blanche. C'est voué à l'échec", a tweeté le représentant démocrate William Pascrell, faisant ainsi référence à Donald Trump.

"Il ne s'agit pas d'une manifestation. C'est une tentative de coup d'Etat", a de son côté estimé l'élue Diana DeGette, en dénonçant "l'anarchie fomentée par notre propre président".
Des policiers en train de pointer leurs armes vers une porte du Capitole, au sein duquel des manifestants pro-Trump sont parvenus à rentrer ce mercredi.
Des policiers en train de pointer leurs armes vers une porte du Capitole, au sein duquel des manifestants pro-Trump sont parvenus à rentrer ce mercredi. © Drew Angerer

Un couvre-feu imposé dès 18h à Washington

En conséquence, la maire de Washington Muriel Bowser a décidé d'imposer un couvre-feu entre 18 heures et 6 heures du matin dans la ville. Dans un tweet publié dans la soirée, le président républicain a appelé ses partisans à éviter toute violence, sans pour autant condamner ces scènes autour du Capitole.

"Soutenez la police du Capitole et les forces de l'ordre. Ils sont du côté de notre pays. Restez pacifiques!", a-t-il ensuite tweeté.

Un peu plus tôt ce mercredi, le président américain Donald Trump avait dénoncé un manque de "courage" de son vice-président Mike Pence, alors que celui-ci a annoncé qu'il ne s'opposerait pas à la certification de la victoire de Joe Biden à la présidentielle. Dans un courrier, il a fait savoir qu'il n'en avait pas le pouvoir. Donald Trump, qui refuse toujours de concéder sa défaite, avait demandé à son vice-président Mike Pence de ne pas reconnaître la victoire du démocrate.

Pendant cette manifestation, une équipe de la chaîne américaine CNN a été violemment prise à partie par des partisans de Donald Trump devant le Capitole.

Jeanne Bulant avec AFP Journaliste BFMTV