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Deux nouvelles femmes accusent Donald Trump d'agression sexuelle

Summer Zervos, une ancienne participante de l'émission "The Apprentice", a accusé Donald Trump de harcèlement sexuel lors d'une conférence de presse le 14 octobre.

Summer Zervos, une ancienne participante de l'émission "The Apprentice", a accusé Donald Trump de harcèlement sexuel lors d'une conférence de presse le 14 octobre. - Frederick M. Brown / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Après le témoignage de deux femmes qui accusent Donald Trump d'attouchements dans le New York Times, de nouvelles accusations ont fait surface vendredi. Une ancienne participante de The Apprentice et une photographe ont raconté avoir subi harcèlement et agression sexuelle de la part du magnat devenu homme politique.

Les témoignages se multiplient. Deux jours après la publication, dans le New York Times, du récit de deux femmes qui accusent Donald Trump d'attouchements sexuels, deux autres victimes se manifestent. Une photographe et une ancienne candidate de The Apprentice, l'émission de télé du candidat à la présidentielle américaine, ont raconté ce vendredi dans la presse américaine que l'ancien magnat devenu homme politique les avait agressées sexuellement. 

Lors d'une conférence de presse organisée vendredi, Summer Zervos, accompagnée de son avocate, a relaté deux rencontres avec Donald Trump, en 2007. Après avoir participé à The Apprentice et avoir été virée de l'émission, elle a demandé à l'homme d'affaires de le rencontrer pour lui demander des conseils sur sa carrière.

Baisers imposés

Lors d'un premier rendez-vous, dans son bureau, Donald Trump l'a embrassée sur la bouche par surprise à deux reprises, pour la saluer et lorsqu'elle quittait les lieux. Summer Zervos ayant pu aborder avec lui les questions professionnelles qu'elle voulait lui soumettre, elle accepte de le rencontrer à nouveau. 

"Même si Monsieur Trump m'avait harcelée sexuellement, je voulais toujours obtenir un poste dans l'entreprise Trump", a expliqué Summer Zervos lors de la conférence, que raconte le magazine Time.

"Vous m'avez traitée comme un objet"

Pour la deuxième entrevue, ils devaient se retrouver au restaurant du Beverly Hills Hotel. Au lieu de cela, Donald Trump l'a conduite dans sa chambre, où il s'est déshabillé et l'a embrassée de force à nouveau, "de manière très agressive", tout en lui touchant la poitrine et en essayant de le mener vers sa chambre. Après avoir refusé ses avances, Summer Zervos, qui se définit comme républicaine, n'a plus revu Donald Trump.

"Quand je vous ai rencontré, j'étais si impressionnée par vos talents et je voulais être comme vous", a ajouté la jeune femme, s'adressant directement à Donald Trump. "Au lieu de cela vous m'avez traitée comme un objet", regrette-t-elle, expliquant aussi de quelle manière ces gestes avaient eu un impact sur son estime d'elle-même. "Vous n'avez pas le droit de traiter les femmes comme des objets sexuels juste parce que vous êtes une star", a-t-elle conclu devant la presse.

Interrogée sur les raisons qui l'ont poussée à témoigner, Summer Zervos a répondu simplement: "Je veux être capable de dormir quand j'aurai 70 ans.

Agressée en boîte de nuit

Kristin Anderson, elle, a rencontré Donald Trump lors d'une soirée en boîte de nuit à New York, alors qu'elle avait une vingtaine d'années, au début des années 90. C'est le Washington Post qui publie son témoignage. 

Elle était assise sur un canapé, lorsqu'elle a senti la main de la personne assise à se droite se glisser sous sa jupe et toucher son sexe à travers ses sous-vêtements. Après avoir vivement retiré la main, elle s'est levée du canapé pour voir à qui elle appartenait, et c'est alors qu'elle a reconnu Donald Trump.

"Il était si identifiable, avec ses cheveux et ses sourcils. Je veux dire, personne d'autre n'a des sourcils pareils", explique la photographe. "Je ne sais pas pourquoi il a fait ça. On aurait dit qu'il voulait prouver qu'il pouvait le faire, et que rien n'arriverait. Il n'y a eu aucune conversation. Nous ne nous sommes même pas vraiment regardés", se souvient-elle. 

"Pourquoi devrais-je garder le silence?"

La scène n'a duré que 30 secondes. Elle explique qu'à l'époque, ses amis et elle ont été outrés, et ont décidé de passer à autre chose. Au fil des années, Kristin Anderson, qui a désormais 46 ans, a raconté cette histoire à plusieurs personnes, avant de décider d'en parler publiquement quand un journaliste du Post l'a contactée, après en avoir entendu parler. Celle qui explique ne voter ni pour Trump ni pour Hillary Clinton précise aussi qu'il lui a fallu plusieurs jours, pour savoir si elle acceptait d'être interviewée. 

"J'ai toujours gardé le silence. Et pourquoi devrais-je garder le silence? En fait, toute les femmes devraient s'exprimer, et si on vous a touchée de manière inappropriée, parlez-en à quelqu'un et exprimez-vous sur le sujet. Allez voir les autorités et portez plainte. Ce n'est pas normal", conclut Kristin Anderson.

Charlie Vandekerkhove