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A New York, les barmen ne peuvent plus refuser de servir de l'alcool aux femmes enceintes

Une femme déguste un verre de vin, aux Etats-Unis (image d'illustration).

Une femme déguste un verre de vin, aux Etats-Unis (image d'illustration). - Justin Sullivan - Getty Images North America - AFP

Ne pas servir un verre d'alcool à une femme enceinte constitue une forme de discrimination, selon un document émis en fin de semaine dernière par la commission des droits de l'homme de la ville de New York.

Un établissement peut-il refuser de servir un verre d'alcool à une femme au motif qu'elle est enceinte? Aux Etats-Unis, la ville de New York vient de trancher en déclarant illégal, pour les restaurants ou les bars, de refuser de servir les futures mères, rapporte le New York Times dans un article publié lundi.

Une commission locale sur les droits de l'homme a émis de nouvelles consignes vendredi, indiquant que refuser de servir une femme enceinte constituerait une discrimination au regard de la législation de la ville sur les droits de l'homme. Le quotidien précise que cela devrait aussi s'appliquer au service des aliments jugés dangereux pendant une grossesse, comme le poisson cru ou les fromages à pâte molle.

"Les jugements et les stéréotypes sur la façon dont les femmes enceintes doivent se comporter, leurs capacités physiques et ce qui est bon ou pas pour un fœtus sont très fréquentes dans notre société, et ne peuvent pas être utilisés comme prétexte pour prendre des décisions discriminatoires illégales", indique le texte publié vendredi dernier.

"Nous sommes coincés"

La ville de New York rendait déjà obligatoire pour les restaurants d'afficher des pancartes mettant en garde contre les dangers de l'alcool pour le fœtus. Mais in fine, la décision de consommer ou non revient à la mère, et non au serveur. 

Pour autant, selon le New York Times, les nouvelles consignes de la ville de New York ne devraient pas contrevenir à une loi de l'Etat de New York qui exige des barmen de ne pas servir les clients qui sont visiblement "en état d'ébriété". Mais des propriétaires de bars estiment que la limite à partir de laquelle ils pourront décider de refuser de servir une femme enceinte devient plus floue. 

"Dans une certaine mesure, c'est de la folie de la part de l'administration. Vous avez maintenant une commission de la ville qui dit que si nous prenons ça (les panneaux d'avertissement sur les dangers de l'alcool, Ndlr) au sérieux et essayons de décourager une femme enceinte de boire, nous sommes en violation de la loi", s'indigne auprès du journal Robert Bookman, un avocat de l'Alliance Hospitality New York City. "Avec ça, nous sommes coincés."

10% des Américaines boivent pendant la grossesse

A échelle nationale, les recommandations officielles sont très strictes: plusieurs instances médicales, notamment l'Académie américaine de pédiatrie, préconisent une abstention totale de consommation d'alcool pendant la grossesse.

Mais selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), environ 10% des femmes enceintes boivent de l'alcool. 

D'après une enquête ProPublica, au moins 18 Etats ont adopté des lois considérant l'usage de substances psychotropes par des femmes enceintes comme de la maltraitance infantile.

V.R.