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Un homme politique canadien moqué pour son pauvre niveau de français

La mauvaise maîtrise de la langue française par Peter Mackay, candidat à la présidence du Parti conservateur du Canada, a heurté l'électorat québécois.

"J'ai sera candidate", a difficilement ânonné le candidat favori à la chefferie du Parti conservateur du Canada. Deux prompteurs en face de lui, Peter Mackay peine à prononcer ces quelques mots de français lorsqu'il lance sa campagne en Nouvelle-Écosse, le 25 janvier dernier. "Vive l’invention du télésouffleur!", a ironisé le Journal de Montréal. Son ignorance est vécue comme un affront par les francophones du Canada, dans un pays où le bilinguisme est inscrit dans la loi.

"Fier de la place du Québec"

Malgré un discours presque exclusivement en anglais, Peter MacKay a pourtant tenté un appel aux électeurs québécois.

"À mes amis du Québec, votre dynamisme économique et culturel m’inspire beaucoup", a-t-il lu sur l'écran devant lui. "Je suis ici pour vous parler d’espoir. L’espoir d’élire un gouvernement national qui partage vos valeurs québécoises, qui respecte vos compétences et qui est fier de la place du Québec en tant que nation au sein du Canada."

Mais sa piètre prononciation n'a trompé personne : l'homme politique a été sommé d'améliorer son français. 

Cette controverse relance un vieux débat au Canada. Depuis 1969, la loi sur les langues officielles consacre le bilinguisme. Mais dans les faits, le français perd du terrain. La part des Canadiens dont le français est la langue maternelle diminue chaque année. De 23,2% en 2001, elle est passée à 21,4% en 2016.

Et alors que 44% des Québécois se disent bilingues, en Alberta, une province anglophone de l'Ouest du pays, seuls 7% des habitants déclarent maîtriser les deux langues.

Pour apaiser la polémique, Peter MacKay a dû promettre de faire des progrès. "Je sais que c’est nécessaire d’améliorer mon français. Je commence à prendre des leçons", a-t-il assuré dans un entretien avec le quotidien La Presse, qui se serait déroulé entièrement en français.

Un programme pour séduire les jeunes

Mais pour certains Québécois, son programme importe plus que sa faible maîtrise du français. Peter Mackay se dit en faveur des droits des femmes et des personnes LGBTQ+. Il a déjà annoncé qu'il participerait à la Marche des Fiertés, à Toronto, le 28 juin prochain. Le conservateur dit également préparer un "vrai plan" de lutte contre le changement climatique et accuse l'actuel Premier ministre, Justin Trudeau, d'en avoir fait trop peu sur cette question. 

"Les enjeux de l’environnement, je sais que c’est tellement important au pays, particulièrement chez les jeunes et ici au Québec", a-t-il expliqué, toujours au journal La Presse. 

Peter MacKay parviendra-t-il à convaincre anglophones et francophones du Canada? Réponse le 27 juin prochain, lors de l'élection du chef du parti conservateur.

Camille Sarazin