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Attentat à Québec: le profil du tireur présumé se dessine peu à peu

Dimanche vers 19h30, un jeune homme franchit les portes d'une mosquée de Québec puis il ouvre le feu, tuant six personnes âgées de 39 à 60 ans.

Dimanche vers 19h30, un jeune homme franchit les portes d'une mosquée de Québec puis il ouvre le feu, tuant six personnes âgées de 39 à 60 ans. - ALICE CHICHE / AFP

Un étudiant canadien aux idées nationalistes est soupçonné d'être l'auteur de l'une des pires attaques contre la communauté musulmane perpétrée dans un pays occidental. Dimanche, il a abattu six fidèles dans une mosquée de Québec. Entre des positions pro-Le Pen et antiféministes, portrait de ce jeune nationaliste.

Dimanche vers 19h30 un jeune homme franchit les portes d'une mosquée de Québec. Là, il ouvre le feu et tue six personnes âgées de 39 à 60 ans. Huit autres ont été blessées, dont cinq sont toujours dans un état grave. 

Trente minutes plus tard, un homme appelle la police. Il affirme être impliqué dans la fusillade et dit vouloir se rendre. Peu après la police l'arrête et découvre son identité. Il s'appelle Alexandre Bissonnette.

Ce jeune étudiant de 27 ans a depuis été présenté au juge et inculpé pour onze chefs d'accusation dont meurtres avec préméditation et tentatives de meurtres avec arme à feu. 

Pendant un temps, la police a pensé à deux suspects. Il s'avère qu'au final le tireur était seul. Entre ses positions très à droite, antiféministes, et son côté "troll" sur les réseaux sociaux, le profil d'un jeune homme "introverti" et "solitaire" commence à se dessiner. 

Un nationaliste antiféministe et pro-Le Pen

Avec ses yeux bleus et son visage juvénile, le jeune Alexandre passe de longues heures sur Twitter et Facebook. Là, il partage ses idées nationalistes, son soutien à Donald Trump, mais aussi à la présidente du FN, Marine Le Pen

Ses cibles préférées sont les groupes féministes, qu'il traite de "féminazis", mais aussi les pages Facebook de soutien aux réfugiés. 

L'administrateur de cette page, François Deschamps, explique au journal La Presse que son groupe faisait l'objet d'un harcèlement régulier depuis un an de la part d'Alexandre Bissonnette. Agressif, il attaquait verbalement "tous les étrangers", sans distinction de religion. 

"C'est avec douleur et colère que nous apprenons l'identité du terroriste Alexandre Bissonnette, malheureusement connu de plusieurs militants à Québec pour ses prises de positions identitaires, pro-Le Pen et anti-féministes à l'université Laval et sur les réseaux sociaux", a dénoncé sur Facebook le collectif Bienvenue aux réfugiés - Ville de Québec.

Amateur de chasse et propriétaire d'armes à feu

Selon l'université de Laval, Alexandre Bissonnette suivait un cursus en sciences politiques, après avoir effectué un passage en anthropologie. Amateur de chasse, et propriétaire d’armes à feu, il est connu pour ses idées politiques "pro-Israël","pro-Trump", et "anti-immigration", affirme Le Journal de Québec. 

"Il avait un mécontentement permanent contre la gauche", raconte un témoin anonyme toujours dans les colonnes du Journal du Québec. Depuis un mois, "il ne répondait plus au téléphone, ni aux messages Facebook".

De plus, lors de son coup de fil à la police, le tireur présumé Alexandre Bissonnette, aurait expliqué son geste par ses idéaux "très à droite et ultra-nationalistes de suprématiste blanc", selon les enquêteurs. Toutes ses victimes avaient une double nationalité. 

"Une personnalité anti-sociale"

Pour autant, ce jeune étudiant, issu d'un quartier aisé, est décrit par ses voisins comme un enfant "sans problème", d'une famille "exemplaire". "Des petits gars polis, toujours soudés et bien éduqués", racontent-ils au Journal de Montréal

A la fac, ses anciens camarades le décrivent comme quelqu'un de "solitaire", "introverti", "impopulaire", qui n'a "pas vraiment d'amis". Toujours en compagnie de son jumeau, il était surnommé "le méchant", quand son frère lui avait le surnom "le gentil".

Interrogés par La Presse, l'un de ses anciens collègues rapporte qu'"il avait une personnalité anti-sociale". Il avait l'habitude de répondre "avec des insultes", et "traitait les filles de p***". 

Jusqu'à présent Alexandre Bissonnette était inconnu des services de police. Les seules contraventions qu'ils avaient reçues étaient pour des stationnements gênants ou non-port de la ceinture de sécurité. Il sera de retour devant la justice le 21 février.

E. H.