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Des femmes violées puis abandonnées avec leurs enfants: une étude dénonce les crimes des casques bleus en Haïti

Des soldats brésiliens membres de la mission de l'ONU Minustah à Haïti, le 27 mars 2017 à Port-au-Prince.

Des soldats brésiliens membres de la mission de l'ONU Minustah à Haïti, le 27 mars 2017 à Port-au-Prince. - HECTOR RETAMAL, AFP/Archives

L'ONU, contactée par le New York Times, a indiqué prendre au sérieux les problèmes révélés par l'étude et a affirmé que combattre l'exploitation sexuelle et les abus commis par les Casques bleus est une des premières priorités de son secrétaire général, Antonio Guterres.

Entre 2004 et 2017, les Casques bleus déployés à Haïti ont violé des jeunes filles puis abandonné les enfants nés de ces viols à la fin de leur mission, a révélé une étude partagée par le New York Times ce vendredi.

Si les Nations Unies ont déjà reconnu des faits d'exploitation sexuelles et d'abus de la part des Casques bleus en Haïti, l'étude va un cran plus loin dans sa mise en lumière des victimes.

"Des filles, aussi jeunes que 11 ans, ont été abusées sexuellement [par les Casques bleues] et sont tombées enceintes". Certaines d'entre elles ont, ensuite, été "plongées dans la misère" en devant élever ces enfants seules, selon l'étude de Sabine Lee, une professeur d'histoire à l'université de Birmingham, et de Susan Bartels, une scientifique clinicienne à l'université du Queen au Canada.

Les deux autrices n'ont cependant pas pu estimer le nombre de femmes agressées et d'enfants, qualifiés de "petits minustahs", du nom de la mission des Casques bleus, nés de ces viols. Mais des juristes et des travailleurs humanitaires ont expliqué que ce problème était persistant et que l'ONU n'a pas réussi à assister les femmes concernées.

Des faits similaires au Liberia

L'ONU, contactée par le quotidien américain, a indiqué prendre au sérieux les problèmes révélés par l'étude et affirmé que combattre l'exploitation sexuelle et les abus commis par les Casques bleus est une des premières priorités de son secrétaire général Antonio Guterres. 

Les Nations Unies ont reconnu auparavant que plus de 100 Sri-lankais déployés en Haïti avaient sexuellement exploité neuf enfants au sein d'un réseau, entre 2004 et 2007, et que les hommes sont rentrés dans leur pays d'origine sans avoir été punis.

Les Casques bleus étaient en Haïti pour aider la population lors de la rébellion, en 2004, qui a mené à la chute du président Jean-Bertrand Aristide et l'ONU avait étendu leur séjour après un violent séisme en 2010.

Le New York Times note que ce qu'il s'est passé en Haïti fait écho à des actes similaires au Liberia, entre 1990 et 1998, où des centaines d'enfants avaient été conçus par des Casques bleus. 

Clément Boutin