BFMTV

Brésil: le président Bolsonaro estime qu'on peut "pardonner" la Shoah 

Jair Bolsonaro le 11 avril 2019 à Rio de Janeiro.

Jair Bolsonaro le 11 avril 2019 à Rio de Janeiro. - Mauro Pimentel / AFP

Le président brésilien Jair Bolsonaro s'est défendu après avoir tenu de nouveaux propos polémiques la semaine dernière. Il avait déclaré jeudi dernier que l'on pouvait "pardonner mais pas oublier" la Shoah.

Depuis ce week-end, le président brésilien tente tant bien que mal de rattraper ses propos tenus devant des pasteurs évangélistes à Rio de Janeiro, jeudi dernier. Jair Bolsonaro avait provoqué une levée de boucliers en jugeant que "l'on pouvait pardonner, mais pas oublier" la Shoah.

"Nous pouvons pardonner mais nous ne pouvons pas oublier. Cette citation est de moi", avait lancé le président d'extrême droite aux évangélistes, d'après le journal Le Monde.

En réaction, Jair Bolsonaro a adressé une lettre au peuple juif pour tenter de se justifier, expliquant que "le pardon (était) quelque chose de personnel" et dénonçant "ceux qui veulent l'éloigner de ses amis juifs".

"Nous nous opposerons toujours à ceux (...) qui souhaitent effacer notre mémoire"

L'institut international pour la mémoire de la Shoah (Yad Vashem) a vivement réagi à travers un communiqué, estimant qu'"il ne revenait à personne de déterminer si les crimes de la Shoah (pouvaient) être pardonnés". Une critique à laquelle s'est joint le président israélien Reuven Rivlin sur Twitter. 

"Nous nous opposerons toujours à ceux qui nient la vérité ou souhaitent effacer notre mémoire, qu’il s’agisse d’individus, de groupes, de chefs de partis ou de premiers ministres", a tweeté le président. Dans cette série de tweets, il a ajouté: "le peuple juif combattra toujours l’antisémitisme et la xénophobie. Les dirigeants politiques doivent dessiner le futur. Les historiens décrivent le passé (…). Aucun des deux ne devrait s’égarer sur le territoire de l’autre".

"Nous n'oublierons jamais!"

L'ambassadeur d'Israël au Brésil Yossi Shelley, proche du président brésilien, l'a défendu dans un message publié sur Facebook samedi. "Nous n'oublierons jamais !", a-t-il écrit, précisant néanmoins qu'"à aucun moment de son discours, le président n'(avait) fait preuve de manque de respect ou d'indifférence à l'égard des souffrances des juifs". 

Lors de sa visite du mémorial de la Shoah de Jérusalem le 2 avril dernier, le gouvernement brésilien s'était déjà retrouvé en proie à une polémique. Interrogé par la presse sur des propos tenus par son ministre des Affaires étrangères, Jair Bolsonaro a déclaré qu'il considérait lui-aussi les nazis comme des gens de gauche.

Jeanne Bulant