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Brésil: des policiers accusent Bolsonaro d'avoir fait pression sur un enquêteur

Une manifestation pour les 600 jours de l'assassinat de la conseillère municipale Marielle Franco, le 1er novembre 2019 à Rio de Janeiro

Une manifestation pour les 600 jours de l'assassinat de la conseillère municipale Marielle Franco, le 1er novembre 2019 à Rio de Janeiro - Mauro Pimentel / AFP

Selon des policiers, le président brésilien aurait "attaqué et tenté d'intimider" l'un des enquêteurs travaillant sur l'assassinat de Marielle Franco, conseillère municipale de Rio de Janeiro. Elle a été assassinée le 14 mars 2018 "en raison de son action politique et des causes qu'elle défendait" selon l'affirmation du parquet.

Le président brésilien Jair Bolsonaro a essayé d'influencer l'enquête sur l'assassinat l'année dernière de la conseillère municipale de Rio de Janeiro Marielle Franco, ont affirmé dimanche des associations de policiers.

"Faisant valoir ses fonctions de président de la République, (Jair Bolsonaro) a clairement attaqué et tenté d'intimider le Commissaire de la Police de Rio de Janeiro, avec l'objectif d'entraver la recherche impartiale de la vérité", peut-on lire dans leur communiqué commun.

Samedi, le président brésilien a accusé le gouverneur de l'Etat de Rio, Wilson Witzel, de "manipulations" dans cette affaire, et déclaré que le commissaire chargé de l'enquête était "son copain". L'Association des commissaires de police du Brésil, la Fédération nationale des commissaires de la police civile et trois autres organisations ont dit "désavouer" les déclarations de Jair Bolsonaro sur cette enquête.

Une élue assassinée en raison de son action politique 

Marielle Franco a été tuée le 14 mars 2018, quand sa voiture a été criblée de balles près du centre de Rio. Son chauffeur Anderson Gomes a également perdu la vie. Cette élue noire née dans une favela dénonçait le racisme, l'homophobie, la violence policière et les milices paramilitaires qui sèment la terreur dans certains quartiers populaires.

Près d'un an après cet assassinat qui a choqué le monde entier, le tireur présumé et le conducteur du véhicule d'où sont partis les tirs, deux ex-policiers, ont été arrêtés. Aucun suspect n'a en revanche encore été officiellement mis en cause en tant que commanditaire de l'assassinat. Le parquet a affirmé en mars qu'il était "indiscutable que Marielle Franco avait été victime d'une exécution sommaire en raison de son action politique et des causes qu'elle défendait".

J. G. avec AFP