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"Amérique, c'est l'heure de changer": les mots de la famille de George Floyd lors de ses funérailles

George Floyd, Afro-Américain tué par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis, a été enterré mardi près de Houston, sa ville natale. Durant ses funérailles, sa famille et les personnalités présentes ont donné une tonalité politique à leur deuil.

Faire que du malheur naisse une amélioration du sort des noirs aux Etats-Unis: c'est la mission que la famille de George Floyd, tué par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai dernier, a choisi de se fixer au moment de l'enterrer. L'Afro-Américain de 46 ans a été inhumé ce mardi à Pearland, banlieue de sa ville natale de Houston au Texas, aux côtés de sa mère. Et lors de ses obsèques, à l'église Fountain of Praises, sa famille, ses proches ont mis des mots sur le disparu, entre recueillement et politique. 

Son frère Rodney a lancé, évoquant le quartier qui les a vus grandir: "Third Ward, Cumey Homes, c'est là qu'il est né. Mais les gens vont se souvenir de lui tout autour du monde. Il va changer le monde". La nièce de George Floyd a laissé une forte impression sur l'assistance, faisant référence aux supplications répétées de son oncle pendant son interpellation, "I can't breathe" ("je ne peux pas respirer").

"Bonjour, je m’appelle Brooke Williams, la nièce de George Floyd, et je peux respirer et tant que je respirerai, il y aura une justice. Je veux d’abord vous remercier tous d’être venus soutenir George Perry Floyd. Mon oncle était un père, un frère, un cousin pour beaucoup. Il avait ses racines spirituelles, il était un activiste, il émouvait les gens par ses mots", a-t-elle débuté. 

"Plus de crime de haine, s’il vous plaît!"

Paraissant ensuite s'adresser directement au policier qui a écrasé le cou de George Floyd sous son genou, elle s'est écriée:

"Le policier n’a montré aucun remord quand il a vu mon oncle le supplier de le laisser respirer. Il a vous a supplié si souvent de simplement vous lever mais votre réponse a été d’appuyer plus fort encore." Elle a alors revendiqué: "La loi peut changer. Plus de crime de haine, s’il vous plaît! Quelqu’un a dit qu’il fallait rendre sa grandeur à l’Amérique mais quand l’Amérique a-t-elle jamais été grande? Ce n’est pas seulement un meurtre, c’est un crime de haine. (...) Amérique, c’est l’heure de changer, même si ça doit passer par plus de manifestations encore: pas de paix sans justice!"

Sur un ton plus personnel, elle a ajouté: 

"J’ai de nombreux beaux souvenirs de mon oncle, et c’est tout ce que j’ai: des souvenirs. Mon souvenir préféré, c’est quand il me faisait lui gratter la tête après une longue journée de travail. On avait même créé une chanson là-dessus: ‘Scratch my head, scratch my head, yeah’. Mais c’était un comédien. Il me disait sans arrêt: ‘Ma petite, tu vas aller si loin, avec ton beau sourire et ton cerveau’."

Après avoir allié la mémoire de sa grand-mère, morte il y a deux ans, à celle de George Floyd, elle a remarqué: "C’est dingue comme ma grand-mère et mon oncle se sont toujours cassé le dos pour faire sourire les enfants quand ça semblait impossible." 

L'hommage des personnalités publiques

Le pasteur, et militant de la cause noire, Al Sharpton, s'est lui aussi placé derrière le pupitre. Il a d'abord souligné: "Les vies comme celle de George ne compteront pas tant que personne n'aura payé pour la leur avoir enlevée". Il s'est cependant réjoui des mobilisations et manifestations suscitées par la mort du quadragénaire: "Partout dans le monde, j'ai vu les descendants de propriétaires d'esclaves se lever et abattre les statues de ceux-ci".

Joe Biden, le candidat démocrate à la Maison Blanche, qui avait visité la veille la famille endeuillée, a déclaré dans un message vidéo: "C'est aujourd'hui et maintenant, l'heure d'écouter et de guérir".

Robin Verner