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Allemagne: en Bavière, le masque FFP2 devient obligatoire dans les transports

L'Allemagne subit une hausse du nombre de cas de Covid-19 ces dernières semaines, et la présence de variants sur son sol fait craindre une accélération de la propagation du virus.

Alors que l'Allemagne a enregistré une hausse du nombre de cas de Covid-19, et l'arrivée des variants sur son sol, la Bavière a décidé d'imposer le port du masque FFP2 dans les transports en commun et les commerces à partir de ce lundi. "Des mesures efficaces de protection contre l'infection valent mieux qu'un verrouillage qui dure trop longtemps et qui nuit encore davantage à l'économie", explique un communiqué de la région.

En Allemagne, les restrictions ont été renforcées ces dernières semaines et les commerces non essentiels, ainsi que les restaurants, ou encore les lieux de spectacle, sont fermés, au moins jusqu'au 31 janvier. Selon des informations du Der Spiegel, la chancelière allemande Angela Merkel réfléchirait de son côté également au port obligatoire du masque FFP2 dans certains lieux, pour tout le pays.

À partir de 14 ans

"À partir du lundi 18 janvier 2021, le port du masque FFP2 est obligatoire dans les transports publics en Bavière - à la fois dans les moyens de transport, dans les gares, sur les quais et aux arrêts", écrit la société de transports en commun de l'agglomération de Munich, capitale de la Bavière.

Le port du FFP2 dans ces lieux s'appliquera aux personnes à partir de 14 ans, mais elle ne retire pas l'obligation du port d'un masque (pas forcément FFP2 donc), à partir de 6 ans, dans les lieux publics et les commerces, précise la FAQ sur le site de la région bavaroise.

Il est également précisé que le port du masque, avec un effet protecteur comparable ou supérieur au masque FFP2, est accepté. Les masques KN95 et N95, sont par exemple cités.

Un type de masque plus protecteur

Le masque FFP2 fait partie des plus protecteurs. "Ce type de masque protège le porteur contre l’inhalation de particules en suspension dans l’air (et a fortiori de gouttelettes de plus grosse taille) qui pourraient contenir des agents infectieux", car le FFP2 filtre 94 % des aérosols, explique le site du ministère français de l'Économie.

En France, "ces masques sont réservés en priorité aux professionnels de santé et aux autres professionnels. Certains ont été réquisitionnés par l’État notamment pour garantir l’approvisionnement des professionnels de santé", est-il également écrit.

Alexandre Mebazaa, anesthésiste au service de réanimation à l'hôpital de Lariboisière, expliquait dimanche sur BFMTV que le FFP2 n'était porté en service de réanimation que lorsqu'on "se rapproche de la bouche du malade, là où il y a le plus de virus, et au niveau du tube digestif". Il explique par ailleurs qu'avec ce masque "la respiration est courte".

Dans sa FAQ, la région bavaroise rappelle en effet que le port prolongé du masque est limité à des périodes allant jusqu'à 75 minutes (selon recommandations du fabriquant) "afin de minimiser le stress du travailleur, en raison de la résistance respiratoire accrue" qu'il entraîne.

Une mesure aussi critiquée

Cette mesure de la Bavière est critiquée sur plusieurs points. Étant donné le caractère obligatoire de cette protection et son prix plus élevé que les autres, la région a promis d'en fournir 2,5 millions gratuitement. Mais dans un communiqué publié le 15 janvier, la municipalité de Munich se plaint du manque de réflexion quant à leur distribution, ainsi que des conditions de leur obtention, qui oublieraient, selon la ville, une partie de la population.

D'autre part, des professionnels de santé s'inquiètent dans le journal Bild du bon port de ce masque, qui pourrait créer une fausse impression de sécurité. S'il est en effet bien plus protecteur qu'un masque en tissu, il n'est efficace que s'il est disposé et utilisé correctement: il doit notamment couvrir du nez jusqu'au menton, ne pas être touché pendant qu'il est porté, être jeté une fois utilisé, et doit être changé s'il se retrouve humidifié.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV