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Tunisie: l'état d'urgence levé, trois ans après la révolution

Le président tunisien Moncef Marzouki tient la nouvelle constitution du pays lors d'un speech sur les droits de l'Homme, le 3 mars 2014 à Genève.

Le président tunisien Moncef Marzouki tient la nouvelle constitution du pays lors d'un speech sur les droits de l'Homme, le 3 mars 2014 à Genève. - -

L'état d'urgence en vigueur en Tunisie depuis la révolution de janvier 2011 a été levé. Ce changement ne limite pas les capacités des services de sécurité chargés d'appliquer la loi.

La Tunisie retrouve le calme. L'état d'urgence en vigueur en Tunisie depuis la révolution de janvier 2011 a été levé, a annoncé jeudi la présidence dans un communiqué.

"Le président de la République et commandant en chef des forces armées Moncef Marzouki a promulgué un décret ordonnant la levée de l'état d'urgence sur tout le territoire tunisien à partir du mercredi 5 mars 2014", a-t-elle précisé.

"La levée de l'état d'urgence ne limite pas les capacités des services de sécurité chargés d'appliquer la loi et n'empêche pas de demander l'appui des forces militaires en cas de besoin", a poursuivi la présidence. Elle "n'introduit pas de modification dans l'application des lois et des mesures en place dans le pays, y compris celles concernant les zones d'opérations militaires et les zones frontalières tampon", a-t-elle expliqué.

L'état d'urgence sans cesse prolongé

La présidence fait référence à des zones militaires spéciales mises en place en 2013 notamment aux frontières avec l'Algérie et la Libye, où des groupes armés liés à la mouvance jihadiste sont actifs selon les autorités. La Tunisie a connu une année 2013 mouvementée, marquée par l'assassinat de deux opposants de gauche, la mort d'une vingtaine de militaires et de gendarmes dans des heurts avec des groupes jihadistes et une paralysie institutionnelle de plusieurs mois.

Entré en vigueur en janvier 2011, tout de suite après la fuite du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, l'état d'urgence a sans cesse été prolongé depuis. L'état d'urgence accorde des pouvoirs d'exception à la police et à l'armée. Des unités militaires gardent ainsi les bâtiments stratégiques mais aussi des lieux publics, tels que des centres commerciaux.

L. B. avec AFP