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Attentat du Bardo: qui sont les 23 suspects arrêtés?

L'attaque du musée Bardo le 18 mars 2015

L'attaque du musée Bardo le 18 mars 2015 - Ministère de l'Intérieur - AFP

23 personnes ont été arrêtées et 4 sont en fuite. d'après le ministère de l'Intérieur tunisien, ils auraient été dirigés par un chef appartenant à Aqmi.

La Tunisie a estimé jeudi avoir démantelé l'essentiel de la "cellule terroriste" responsable de l'attaque contre le musée du Bardo. Mais au moins quatre suspects - deux Marocains, un Algérien et un Tunisien - sont toujours en fuite. Le ministre de l'Intérieur, qui a montré des extraits de vidéos de l'assaut des forces spéciales qui ont tué les deux assaillants armés, a indiqué jeudi que huit touristes avaient été abattus à la descente de leur bus devant le musée et 12 autres à l'intérieur du bâtiment.

> 23 personnes arrêtées

"23 personnes, dont une femme, qui constituaient une cellule terroriste, ont été arrêtées", a dit à la presse le ministre de l'Intérieur, Najem Gharsalli, faisant état du démantèlement de "80% de cette cellule" impliquée dans l'attaque du musée.

Toutes les personnes arrêtées sont des Tunisiens. Selon le ministre de l'Intérieur, les 23 suspects arrêtés se divisent en plusieurs groupes chargés de superviser, de planifier, d'assister à la logistique et d'exécuter l'attaque. Ils doivent être présentés jeudi à la Justice, a dit Najem Gharsalli, sans plus de précisions.

> Au moins 4 personnes en fuite

Au moins deux Marocains, un Algérien et un Tunisien sont en fuite. Ce dernier, Maher Ben Mouldi Kaidi, est accusé d'avoir fourni les armes automatiques aux deux tireurs qui ont abattu le 18 mars 21 personnes, 20 touristes étrangers et un policier, selon la même source.

> Etat islamique ou Aqmi?

Par ailleurs, le chef de ce groupe a été arrêté et identifié comme "Mohamed Emine Guebli". Mais le ministre a indiqué que "l'opération terroriste a été dirigée par le terroriste Lokmane Abou Sakhr", un chef jihadiste de nationalité algérienne considéré comme l'un des dirigeants de Okba Ibn Nafaa, un groupe affilié à Al-Qaïda et pourchassé par l'armée depuis plus de deux ans dans les montagnes frontalières de l'Algérie.

A ce titre, le ministère a remis en cause la revendication du groupe Etat islamique, estimant que ses rivaux d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont en réalité commis l'attaque. "Pour faire la propagande, la publicité, c'est l'Etat islamique qui a loué cet acte. Mais sur le terrain c'était Okba Ibn Nafaa qui appartient à Al-Qaïda au Maghreb islamique qui a organisé et commis ce crime", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Mohamed Ali Aroui. Aqmi n'a pas remis en cause la revendication de l'EI, sa première pour un attentat commis en Tunisie. Okba Ibn Nafaa est responsable selon les autorités d'une multitude d'embuscades et d'attentats contre des militaires et des policiers, ayant fait une soixantaine de morts depuis fin 2012.

La présidence tunisienne a décidé d'organiser une marche internationale "contre le terrorisme" à Tunis dimanche, sur le modèle de celle qui avait eu lieu à Paris après les attaques contre le journal Charlie Hebdo et un supermarché casher. Le chef de l'Etat français François Hollande a annoncé sa venue.

A. D. avec AFP