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Attentat à Tunis: 2h30 d'horreur

Les forces de sécurité préparent l'assaut devant le musée du Bardo à Tunis mercredi 18 mars

Les forces de sécurité préparent l'assaut devant le musée du Bardo à Tunis mercredi 18 mars - FETHI BELAID - AFP

De 12h37 à 15h30, la vie s'est arrêtée au centre de Tunis dans le quartier du Bardo mercredi. Au lendemain de l'attaque terroriste, le bilan est lourd. Les rescapés, cachés dans les salles du musée, racontent.

Le temps s'est arrêté à 12h37 mercredi dans le quartier du Bardo au centre du Tunis. A proximité de l'Assemblée du peuple et du musée du même nom des coups de feu retentissent. Au moins deux hommes, désormais identifiés comme Yassine Abidi et Hatem Khachnaoui par les autorités, déchargent leurs armes de guerre, des Kalachnikovs. Sur les images filmées par un réalisateur tunisien on voit les deux assaillants retranchés derrière le grand portail de fer qui fait office d'entrée au musée du Bardo. Le début de l'horreur. 

"Il était avec son arme et tirait partout"

Dans leur ligne de mire, des touristes étrangers qui descendent d'un bus. Une vingtaine perdront la vie dont deux Français. Trois Tunisiens sont également tués alors que les terroristes enchaînent les rafales. Dans la panique des touristes parviennent à fuir dans le musée et sont pris en chasse.

"J'ai vu un gars tout en noir, le look Al-Qaïda, avec juste les yeux qui apparaissaient. Il était avec son arme et il tirait partout, sur tout et n'importe quoi", se souvient Marilyne, une ressortissante française au micro de BFMTV. "Il y a plein de gens qui sont tombés par terre, ça courait dans tous les sens, et ça criait."

"On a peur qu'ils nous tuent"

A ce moment là, Géraldine, une touriste française, est réfugiée dans une salle et raconte en direct à BFMTV: 

"On a entendu des coups de feu à l'intérieur et à l'extérieur. Nous sommes une quarantaine de Français retranchés dans une salle du premier étage. Tout le monde est assis par terre pour ne pas que l'on puisse nous voir."

Sa voix trahit son angoisse:

"C'est très impressionnant. On a peur qu'ils arrivent d'un coup et nous tuent. (...) Je pense qu'ils sont dans le musée". 

Les forces de sécurité applaudies

Il est 14h30 et le quartier est entièrement bouclé par les unités antiterroristes qui décident de donner l'assaut dans ce bâtiment immense de 23.000 mètres carrés. Trente minutes plus tard, le ministère de l'Intérieur annonce la mort des deux assaillants. Les forces de sécurité encagoulées quittent les lieux en levant les bras au ciel. Ils sont applaudis par la foule amassée sur place.

Dans le même temps, à deux pas de là, les députés tunisiens entonnent l'hymne national alors que des caméras captent la sortie de visiteurs par l'arrière du musée du Bardo. Parmi eux, Yvon, 72 ans, touché au pied et hospitalisé à Tunis.

"On pressentait quelque chose de grave, vus le nombre de coups de feu. (...) Au début je me suis mis à courir mais trois ou quatre personnes étaient déjà tombées".

L'action n'a toujours pas été revendiquée. Devant le musée du Bardo, il reste la carcasse criblée de balles du bus initialement pris pour cible.

Et à la nuit tombée, de nombreux Tunisiens sont descendus dans la symbolique avenue Bourguiba scander ensemble: "Tunisie libre, le terrorisme dehors".

Samuel Auffray avec Igor Sahiri