BFMTV

Togo: situation très tendue au sein du pays, les manifestations interdites

Manifestation au Togo le 5 octobre 2017

Manifestation au Togo le 5 octobre 2017 - MATTEO FRASCHINI KOFFI / AFP

L'opposition togolaise qui manifestait depuis plusieurs semaines contre le pouvoir en place s'est vue interdite de marcher pour éviter les "dérives".

La situation est tendue ce mercredi dans les deux plus grandes villes du Togo - Lomé et Sokodé - alors que les manifestations contre le pouvoir prévues par l'opposition ont été interdites.

Le centre de la capitale Lomé était bloqué et presque toutes les boutiques fermées. À Bé, le quartier historique de l'opposition, des manifestants et les forces de l'ordre s'affrontaient depuis le début de la matinée. Gendarmes et militaires tentaient de disperser les barricades dressées par des groupes de jeunes hommes à coups de gaz lacrymogènes. 

Des "miliciens" dissuadent les gens de manifester

"Lomé est une ville morte", a constaté également Aimé Adi, directeur d'Amnesty International pour le Togo, joint par l'AFP. "L'armée quadrille partout et il y a des petits groupes, que l'opposition appelle des "miliciens", qui dissuadent les gens de se rendre à la marche avec des gourdins", a-t-il ajouté. 

L'opposition togolaise organise des marches régulières depuis plus de deux mois contre le régime du président Faure Gnassinbé, élu en 2005 dans la violence et héritier d'une famille au pouvoir depuis 50 ans. L'opposition avait appelé la semaine dernière à deux nouvelles journées de manifestations mercredi et jeudi. 

Le gouvernement avait aussitôt interdit cet appel, annonçant qu'il n'autoriserait plus les marches pendant les jours de la semaine, pour éviter les "violences" et les "dérives".

"Ils bastonnent les jeunes pour qu'ils n'aillent pas manifester"

À Sokodé, "Depuis 3h00 ce matin les militaires entrent dans les maisons, ils bastonnent les jeunes pour qu'ils n'aillent pas manifester aujourd'hui", a-t-il raconté sous couvert d'anonymat. "Nous sommes calfeutrés chez nous (...)." 

Les violences avaient ensuite gagné plusieurs villes du nord du pays, nouveau foyer de la contestation. Mardi, de violents heurts avaient éclaté à Sokodé après l'arrestation d'un imam proche du PNP, faisant quatre morts - deux adolescents et deux soldats lynchés par la foule. 

L'opposition demande la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels et la démission du président Faure Gnassingbé,

S.Z avec AFP