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Pourquoi Obama reçoit (enfin) les chefs d'Etat africains

Barack Obama lors d'une réunion avec de jeunes entrepreneurs africains à Washington, en préparation du sommet Etats-Unis Afrique.

Barack Obama lors d'une réunion avec de jeunes entrepreneurs africains à Washington, en préparation du sommet Etats-Unis Afrique. - -

Washington a organisé le premier sommet Afrique - Etats-Unis, qui se tiendra de lundi à mercredi. Qu'est-ce qui a décidé la première économie mondiale à lancer son propre rendez-vous avec l'Afrique, dix ans après l'Europe et la Chine?

Pour la première fois, Barack Obama a organisé un sommet Etats-Unis - Afrique. De lundi à mercredi, plus de 40 chefs d'Etat africains vont ainsi se rendre à Washington.

Qu'est-ce qui a poussé le président américain à organiser ce sommet? Quels sujets seront abordés? Quels présidents n'ont pas reçu de carton d'invitation? BFMTV.com fait le point.

> Un sommet pour concurrencer l'économie chinoise

Rencontre des ministres du Commerce lundi, Forum "Africa business" mardi: le sommet est placé sous le signe de l'économie. Les Etats-Unis espèrent, en effet, profiter de la croissance du continent africain, que la Banque mondiale prévoit à plus de 5% en 2014.

Pour l'instant, les Etats-Unis ne sont pas des partenaires privilégiés des pays africains. La première puissance économique mondiale y est seulement le troisième investisseur, derrière l'Europe et la Chine.

D'ailleurs, l'Union européenne et la Chine organisent des sommets sur le même modèle depuis 2000. Les Etats-Unis doivent maintenant rattraper leur retard.

Barack Obama, premier président d'origine africaine de l'histoire, partait avec un capital sympathie important en Afrique. Mais il ne s'est rendu sur le continent que quatre fois depuis son élection en 2008.

> La santé et la sécurité, les deux autres points centraux

La sécurité et la lutte contre Aqmi et Boko Haram devraient être au cœur des rencontres avec Barack Obama, mardi. Pour le président américain l'un des sujets centraux du sommet sera "de trouver les moyens de renforcer les capacités africaines dans les efforts de maintien de la paix et de résolution des conflits".

L'Ebola sera également au cœur des discutions, même si les principaux concernés par la crise sanitaire, qui a déjà fait 700 morts, ne seront pas présents.

Le président sierra-léonais Ernest Bai Koroma et son homologue libérienne Ellen Johnson Sirleaf ont renoncé à venir aux Etats-Unis et préfèrent gérer la crise chez eux.

> Quatre présidents n'ont pas été invités

Sur les 54 Etats africains, 50 dirigeants ont reçu une invitation. Les dirigeants du Zimbabwe, du Soudan, d'Erythrée et de Centrafrique n'ont pas été conviés pour des raisons politiques.

Mais comme le note Al Jazeera America, certains des invités sont régulièrement attaqués par les ONG spécialistes des droits de l'homme, comme Paul Biya (Cameroun) ou Yahya Hammeh (Gambie).

Le sommet pourrait cependant avoir un impact positif. La loi anti-homosexualité de l'Ouganda, qui avait suscité un tollé international, a été annulée par la Cour suprême ougandaise vendredi, juste avant le début du sommet.

Joseph Sotinel avec AFP