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Nigeria: les islamistes de Boko Haram multiplient attentats et atrocités

Au Nigeria, au moins 150 personnes ont été tuées au cours de plusieurs attaques menées par Boko Haram depuis le début de l'année. Un bilan qui pourrait s'avérer encore bien plus lourd.

Au Nigeria, au moins 150 personnes ont été tuées au cours de plusieurs attaques menées par Boko Haram depuis le début de l'année. Un bilan qui pourrait s'avérer encore bien plus lourd. - Aminu Abubakar - AFP

Depuis le début de l'année, au Nigeria, plusieurs villes ont été totalement rayées de la carte à la suite d'attaques attribuées au groupe islamiste Boko Haram. Par ailleurs, des fillettes et des femmes ont été utilisées comme kamikazes pour se faire exploser au milieu de marchés bondés.

Au Nigeria, l'horreur est quotidienne. Alors qu’une grande partie du monde a les yeux tournés vers la France après la série d’attaques terroristes sanglantes qui ont endeuillé le pays, un massacre d’une ampleur inouïe a de nouveau frappé le pays le plus peuplé d'Afrique ces derniers jours.

Ces attentats, de nouveau attribués au groupe islamiste Boko Haram, auraient fait au minimum 150 victimes. Mais certaines sources évoquent "plusieurs milliers" de personnes tuées. Officiellement, le bilan de ces tueries est encore très incertain.

Au delà du lourd tribut humain payé par le pays, ce sont également les méthodes utilisées pour ôter la vie qui suscitent l'effroi. Une fillette de dix ans a ainsi été utilisée samedi dernier pour les besoins d'une attaque-suicide.

Retour sur un début d'année cauchemardesque.

Seize localités détruites et 20.000 déplacés

Tout a commencé le 3 janvier dernier. La première grosse offensive menée par les insurgés de Boko Haram s'est déroulée contre la ville de Baga (à l'extrême nord-est du pays), aux abords du lac Tchad. Il s'agit de l'une des plus meurtrières jamais perpétrées par le groupe islamiste depuis le début de son insurrection en 2009, de l'aveu même du porte-parole du ministère nigérian de la Défense, contacté par l'Agence France Presse (AFP).

Au terme de ce nouveau raid, Baga, au moins 16 autres villes environnantes et les villages alentour ont été entièrement rayés de la carte par les terroristes. Le bilan humain, qui doit encore être établi de manière indépendante, pourrait s'avérer très élevé. La zone étant encore inaccessible, peu de détails fiables ont filtré, d'après le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). "Toute la ville empeste l'odeur des cadavres en décomposition", a notamment témoigné un pêcheur, joint par l'AFP. 

D'autant plus qu'avec près de 20.000 déplacés désormais à la merci de la famine et du froid, le nombre de victimes pourrait encore s'alourdir dramatiquement. Parmi ces réfugiés, près de 11.000 sont désormais au Tchad voisin. Il s'agit, à 60%, de femmes et de fillettes, toujours selon le HCR, basé à Genève.

Une fillette explose en plein marché: 19 morts

Les atrocités perpétrées par Boko Haram sont d'une lâcheté sans commune mesure. Samedi dernier, une fillette de dix ans a explosé dans un marché bondé à Maiduguri, toujours au nord-est du pays. Un attentat-suicide qui a coûté la vie à au moins 19 personnes. Selon toute vraisemblance, Boko Haram est de nouveau à l'origine de l'attaque.

"La fillette avait une dizaine d'années et je doute fort qu'elle savait véritablement ce qui était fixé à son corps", a commenté quelques heures après l'attaque Ashiru Mustapha, membre d'un groupe d'auto-défense local. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que le groupe islamiste utilise des femmes et fillettes pour ses attentats. Déjà à la fin 2014, ce même marché de Maiduguri avait été la cible de femmes portant des explosifs.

Ce même samedi, à une centaine de kilomètres de là dans la ville de Yobe, c'est un policier qui a également payé le prix fort, après avoir contrôlé un véhicule conduit par un kamikaze. Deux femmes se feront exploser au marché de cette ville, le lendemain dimanche, tuant alors quatre nouvelles personnes.

Attention toutefois aux images qui circulent

S'il est vrai que l'Occident s'est principalement concentré sur les événements bouleversants qui ont touché Paris ces derniers jours, beaucoup d'internautes par le biais de Twitter ont relayé des images censées montrer le massacre perpétré pare Boko Haram en début d'année.

Or, comme l'ont repéré nos confrères de RFI et France Info, cette photographie n'a rien à voir: il s'agit en fait d'un cliché pris en 2010, en République démocratique du Congo (RDC), à la suite d'un autre drame. En l'occurrence, l'explosion d'un camion citerne qui avait fait plus de 300 morts.

Depuis le début de son insurrection en 2009 au Nigeria, Boko Haram a fait plus de 13.000 morts.

https://twitter.com/jmaccaud Jérémy Maccaud Chef d'édition BFMTV