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Nigeria: Boko Haram aurait proposé d'échanger les lycéennes de Chibok contre des prisonniers

Quelques-unes des 57 lycéennes capturées par Boko Haram et ayant réussi à s'enfuir, photographiées le 2 juin 2014.

Quelques-unes des 57 lycéennes capturées par Boko Haram et ayant réussi à s'enfuir, photographiées le 2 juin 2014. - AFP

Selon un militant des droits de l'homme, la secte islamiste Boko Haram aurait proposé au gouvernement nigérian d'échanger les 219 lycéennes enlevées en avril 2014 contre des membres du groupe capturés par les forces gouvernementales.

Vers un espoir de voir les lycéennes de Chibok enfin libres? Selon l'agence américaine Associated Press (AP), qui cite un militant des droits de l'homme, les membres de la secte islamiste Boko Haram, qui sévit au Nigeria, auraient proposé au gouvernement du pays de libérer les 219 jeunes filles toujours retenues par la milice, et dont on ignore le sort, plus d'un an après leur enlèvement. En échange, la milice réclame la libération de plusieurs de ses chefs, retenus par les autorités nigérianes.

Le nouveau gouvernement enclin à discuter

En 2014, Boko Haram avait déjà formulé une proposition similaire au gouvernement de l'ancien président Goodluck Jonathan, pour tenter d'obtenir la libération de 16 prisonniers.

Le gouvernement avait rejeté cette offre, arguant que ce n'est pas à "Boko Haram et aux insurgés de poser leurs conditions", et que l'échange de personnes n'était pas concevable. A l'inverse, le nouveau gouvernement en place ne sera "pas opposé" à discuter avec Boko Haram, selon un conseiller du nouveau président, Muhammadu Buhari, cité par AP.

Sort inconnu

Un an après leur rapt, les 219 lycéennes de Chibok restent introuvables. Le 14 avril 2014, 276 adolescentes avaient été enlevées par le groupe islamiste Boko Haram, à Chibok, dans le nord-est du Nigeria. Kidnappées dans leurs dortoirs, les jeunes filles, âgées de 12 à 17 ans, avaient été emmenées de force dans la forêt de Sambisa, connue pour être l'un des fiefs du groupe armé.

Cinquante-sept d'entre elles étaient parvenues à s'enfuir, mais 219 adolescentes étaient restées aux mains de la secte islamiste. Si on ignore le sort qui leur a été réservé, le chef du groupe, Abubakar Shekau, affirmait dans une vidéo diffusée en octobre dernier avoir marié de force les 219 adolescentes avec des combattants de Boko Haram, précisant qu'elles avaient également été converties à l'islam.

Cet enlèvement massif avait suscité l'effroi du monde entier, et entraîné une large mobilisation sur les réseaux sociaux, sous le hashtag #BringBackOurGirls ("Rendez-nous nos filles").

A.S.