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Le vote de l'Onu ouvre la voie à des frappes aériennes en Libye

Le Conseil de sécurité des Nations unies lors du vote. Les Nations unies ont autorisé jeudi soir le recours à la force contre l'armée de Mouammar Kadhafi, ouvrant la voie à des frappes aériennes en Libye au lendemain des nouvelles menaces proférées par le

Le Conseil de sécurité des Nations unies lors du vote. Les Nations unies ont autorisé jeudi soir le recours à la force contre l'armée de Mouammar Kadhafi, ouvrant la voie à des frappes aériennes en Libye au lendemain des nouvelles menaces proférées par le - -

par Maria Golovnina et Patrick Worsnip NATIONS UNIES/TRIPOLI/BENGHAZI (Reuters) - Les Nations unies ont autorisé jeudi soir le recours à la force...

par Maria Golovnina et Patrick Worsnip

NATIONS UNIES/TRIPOLI/BENGHAZI (Reuters) - Les Nations unies ont autorisé jeudi soir le recours à la force contre l'armée de Mouammar Kadhafi, ouvrant la voie à des frappes aériennes en Libye au lendemain des nouvelles menaces proférées par le dirigeant libyen.

Selon une source diplomatique française, des opérations militaires pourraient être lancées "en quelques heures" et ces opérations pourraient notamment être menées par la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et plusieurs pays arabes.

Par dix voix pour et cinq abstentions, dont celle de la Chine, de la Russie et de l'Allemagne, le Conseil de sécurité des Nations unies s'est prononcé pour l'instauration d'une zone d'exclusion dans le ciel libyen.

Le Conseil a également autorisé "toutes les mesures nécessaires" - ce qui veut dire en langage diplomatique des actions militaires - pour assurer la protection des populations civiles face à l'armée de Mouammar Kadhafi.

Le texte de résolution prévoit également un renforcement des sanctions existantes : embargo sur les armes, gel des avoirs du n°1 libyen et de ses proches, ouverture d'une procédure devant la Cour pénale internationale (CPI) contre les responsables de crimes contre l'humanité.

A Tripoli, le vice-ministre libyen des Affaires étrangères Khalid Kaim a fait savoir que la Libye était prête à respecter un cessez-le-feu mais souhaitait discuter auparavant de sa mise en oeuvre.

Lors d'une conférence de presse retransmise sur Al Djazira, il a assuré que le gouvernement libyen allait "réagir positivement à la résolution de l'Onu et que (nous) prouverons cette volonté en garantissant la protection des civils."

"Nous sommes prêts à cette décision de cessez-le-feu mais nous avons besoin d'un interlocuteur précis pour discuter de sa mise en oeuvre", a-t-il déclaré.

A Benghazi, bastion de l'insurrection antiKadhafi, une foule en liesse agitant des drapeaux tricolores datant de la monarchie s'est immédiatement rassemblée dans le centre-ville pour saluer bruyamment le vote aux Nations unies.

"1,2,3, merci Sarkozy", ont scandé les participants dont beaucoup agitaient des drapeaux français.

Le président français, Nicolas Sarkozy, qui se veut en pointe sur la crise libyenne avec le Royaume-Uni, avait appelé mercredi le Conseil de sécurité à prendre ses responsabilités en imposant une zone d'exclusion aérienne.

LE CANADA ENVOIE DES AVIONS DE CHASSE

Lors d'un entretien téléphonique dans la nuit de jeudi à vendredi, le président américain Barack Obama, le Premier ministre britannique David Cameron et le chef de l'Etat français

se sont mis d'accord pour se "coordonner étroitement dans les prochaines étapes" et "continuer à travailler avec les partenaires arabes et les autres partenaires internationaux."

Dans un communiqué, l'Union européenne s'est dit prête à mettre en oeuvre la résolution "dans le cadre de son mandat et des ses compétences."

En Italie, une source proche du gouvernement a indiqué que Rome était disposée à prêter ses bases militaires. Sa base de Sinonella en Sicile est la base militaire de l'Otan la plus proche de la Libye et pourrait être utilisée en cas d'intervention militaire.

Le Canada va pour sa part envoyer six avions de chasse pour permettre la mise en oeuvre de la zone d'exclusion aérienne, selon la chaîne de télévision CTV News.

L'Allemagne, qui s'est abstenue de voter la résolution, a, au contraire, réitéré son opposition à toute intervention militaire, estimant qu'elle constituerait "un risque et un danger considérables."

Quelques heures avant le vote à l'Onu, Mouammar Kadhafi avait averti que ses forces entreraient dans la soirée dans Benghazi, ajoutant qu'elles feraient preuve d'aucune miséricorde pour quiconque leur résisterait.

Face à ses menaces, le président du Conseil national de transition (CNT, rebelle), l'ancien ministre de la Justice Moustafa Abdeldjeïl, avait assuré que les insurgés ne flancheraient pas.

Avec Michael Georgy à Tripoli, Mariam Khouny et Tarek Amara en Tunisie, Jean-Loup Fiévet et Marine Pennetier pour le service français