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Burundi: le président assure être de retour après un exil en Tanzanie 

Les violences font rage au Burundi

Les violences font rage au Burundi - Jennifer Huxta - AFP

Vingt-quatre heures après l'annonce de la destitution de Pierre Nkurunziza par le général Niyombare, ex-patron des services de renseignements, il était toujours impossible de dire qui détenait le pouvoir à Bujumbura.

Forces putschistes et loyales au président Pierre Nkurunziza se sont affrontées à l'arme lourde pour le contrôle stratégique de la radio nationale burundaise, restée aux mains des troupes fidèles au chef de l'Etat jeudi en fin d'après-midi, 24h après une tentative de coup d'Etat à l'issue toujours incertaine.

La présidence burundaise a affirmé jeudi soir que le chef de l'Etat Pierre Nkurunziza, qui était en Tanzanie depuis le lancement mercredi d'une tentative de coup d'Etat dans son pays, était de retour au Burundi. 

"Je suis au #Burundi. Je félicite l'armée et la police pour leur patriotisme. Je félicite surtout les burundais pour leur patience", a-t-il écrit sur son compte twitter.

Pour la première fois depuis le début du putsch mercredi, des morts ont été constatés: un journaliste de l'AFP a vu trois cadavres de militaires à environ un km du site de la Radio et Télévision nationale burundaise (RTNB). Un blindé y était également embouti dans le caniveau et le sol jonché de douilles de balle, signe de la violence des combats.

Première offensive dès l'aube

Les hommes réunis derrière le général putschiste Godefroid Niymbare, ex-compagnon d'armes de Nkurunziza, ont tenté à deux reprises, en vain, de prendre aux forces d'élite postées autour de ce bâtiment symbole du pouvoir. La première offensive a été lancée à l'aube, la seconde en début d'après-midi. Un journaliste de l'AFP a alors pu entendre des rafales de tirs de mitrailleuses ponctuées de tirs d'obus.

L'offensive de l'après-midi a duré deux bonnes heures mais les putschistes n'ont pas pu venir à bout de leurs adversaires, qui, selon des sources au sein de la radio, avaient eu le temps de renforcer leurs rangs et de s'équiper d'un blindé. Le directeur général de la RTNB a annoncé l'échec de l'offensive sur ses ondes, assurant que la situation était "maîtrisée" et que "ce sont toujours les soldats loyalistes qui contrôlent la RTNB". 

Les medias, élément clé

Le contrôle de la RTNB est d'autant plus crucial que les trois principales radios privées du pays -- la très populaire RPA, Radio Bonesha et Insaganiro -- et la principale télévision indépendante, Télé Renaissance, qui diffusaient les messages des putschistes n'émettent plus. Elles ont été elles-mêmes attaquées, parfois à la roquette, selon leurs patrons, par des forces pro-Nkurunziza et trop endommagées.

Les radios indépendantes étaient déjà dans le collimateur du gouvernement depuis le début des manifestations le 26 avril contre un troisième mandat de Pierre Nkurunziza qui ont débouché sur la tentative de coup d'Etat en l'absence du pays du dirigeant.

Condamnations internationales

Vingt-quatre heures après l'annonce de la destitution de Pierre Nkurunziza par le général Niyombare, ex-patron des services de renseignements, il était toujours impossible de dire qui détenait le pouvoir à Bujumbura. Le camp putschiste a affirmé contrôler la quasi-totalité de la capitale, dont l'aéroport, également revendiqué par le camp loyaliste, qui, en plus de la RTNB, gardait toujours la présidence.

Des policiers déployés dans le centre de Bujumbura refusaient de dire à qui ils obéissaient, comme les militaires postés plus en périphérie, aux points stratégiques menant vers les quartiers au coeur, depuis près de trois semaines, des manifestations d'opposition à un troisième mandat du président.

Jeudi, le conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine a condamné l'utilisation de la "force" pour prendre le pouvoir et annoncé l'envoi "d'observateurs des droits de l'homme". La France a appelé à la fin des violences. Le Conseil de sécurité devait tenir jeudi des consultations d'urgence.

S.A. avec AFP