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A Paris, Netanyahu affiche sa volonté de négociations directes

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PARIS - Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a souhaité jeudi l'engagement rapide et sans condition de négociations directes avec les...

PARIS (Reuters) - Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a souhaité jeudi l'engagement rapide et sans condition de négociations directes avec les Palestiniens.

Israël et l'Autorité palestinienne ont entamé début mai des négociations indirectes, dites "pourparlers de proximité", pour tenter de relancer un processus de paix en panne, sous les auspices de l'émissaire américain George Mitchell.

"Nous voulons aller aussi vite que possible à des négociations directes parce que le genre de problèmes que nous avons avec les Palestiniens ne peuvent être réglés que si nous nous asseyons à la même table", a dit Benjamin Netanyahu.

"Il est difficile d'envisager la paix entre deux peuples censés vivre côte-à-côte si nous ne pouvons même pas parler dans la même pièce", a-t-il ajouté, après un déjeuner avec le président français, Nicolas Sarkozy.

Il était à Paris à l'occasion de l'entrée d'Israël dans l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Benjamin Netanyahu, qui rencontrera la semaine prochaine à Washington le président américain Barack Obama, a déclaré à des journalistes qu'Israël avait levé "des centaines" de barrages et de points de contrôle en Cisjordanie pour "faciliter la reprise économique" dans ce territoire palestinien.

"Nous avons pris une mesure sans précédent en annonçant un moratoire sur les nouvelles constructions dans les implantations" israéliennes en territoire palestinien, a-t-il ajouté. "Nous n'avons pas reçu de réponse analogue des Palestiniens."

Il a accusé ces derniers d'avoir, au contraire, tenté de bloquer l'entrée d'Israël dans l'OCDE ou demandé son expulsion de l'organisation des Nations unies.

Il s'est également dit mécontent de la campagne de boycottage en Cisjordanie des produits en provenance des colonies israéliennes - une campagne à laquelle le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a apporté son soutien.

"INITIATIVES FORTES"

Selon l'Elysée, Nicolas Sarkozy, qui recevra prochainement Mahmoud Abbas, a redit sa conviction que le président palestinien et le gouvernement de son Premier ministre Salem Fayyad étaient "les partenaires pour la paix".

"Il a encouragé Israël à prendre des initiatives fortes pour avancer", a-t-on ajouté de même source.

Il a par ailleurs "exprimé la satisfaction de la France" après la décision israélienne de débloquer l'acheminement d'équipements pour la rénovation de l'hôpital Al Quds de Gaza - un projet conjoint de la France et du Qatar. Cet hôpital a été dévasté lors de l'intervention militaire israélienne dans la bande de Gaza, fin 2008-début 2009.

Nicolas Sarkozy et Benjamin Netanyahu, dont c'était la troisième rencontre à Paris, ont également parlé du dossier nucléaire iranien.

Selon l'Elysée, le président français a de nouveau salué l'accord conclu par le Brésil et la Turquie, aux termes duquel l'Iran transfèrerait 1.200 kg d'uranium légèrement enrichi en Turquie et recevrait en échange du combustible pour son réacteur de recherches médicales à Téhéran.

"Le président de la République a souligné qu'il était extrêmement important que des grands pays émergents comme le Brésil et la Turquie s'impliquent", a-t-on dit de même source.

Il a cependant ajouté que la question du nucléaire iranien ne se limitait pas au réacteur de recherche de Téhéran, qu'il restait des questions sans réponse et que ça ne remettait pas en cause la nécessité de continuer à avancer sur la voie de sanctions et de "faire preuve de fermeté".

"Je pense que tout le monde comprend combien le monde serait dangereux si le régime radical iranien se dotait de la bombe atomique", a dit pour sa part le Premier ministre israélien.

Emmanuel Jarry, édité par Gilles Trequesser