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Usine bloquée et supermarchés "nettoyés": Greenpeace dénonce les méthodes de pêche de Petit Navire

Greenpeace a bloqué les accès d'une conserverie de thon Petit Navire à Douarnenez, dans le Finistère, le 23 mai 2016.

Greenpeace a bloqué les accès d'une conserverie de thon Petit Navire à Douarnenez, dans le Finistère, le 23 mai 2016. - Pierre Baelen - Greenpeace

L'organisation écologiste reproche à la conserverie de poisson d'utiliser une méthode de pêche non sélective, et donc nuisible pour l'environnement.

Habituée des opérations spectaculaires, Greenpeace a lancé une série d'actions à l'encontre de la société Petit Navire dans le cadre d'une campagne contre une méthode de pêche qu'elle juge particulièrement nuisible pour l'environnement, les dispositifs de concentration de poisson (DCP). Lundi, une trentaine de militants de l'association écologiste ont ainsi bloqué les accès à la conserverie du groupe à Douarnenez, dans le Finistère.

Une partie des militants, de nationalité italienne, britannique et française, se sont reliés les uns aux autres, les bras pris dans des fausses boîtes de thon géantes pour bloquer les entrées de camion.

Sur la grande façade de l'usine, ornée d'un logo Petit Navire de 10 mètres, cinq grimpeurs de Greenpeace ont peint sous ce logo le mot d'ordre "Grand carnage", et fait couler de la peinture rouge, symbolisant le sang des poissons tués.

Dans son communiqué, Greenpeace dénonce le fait que "Petit Navire refuse d'évoluer" alors que "plusieurs marques de thon en boite ont commencé à modifier leurs pratiques". L'organisation explique ainsi:

"Marque leader du marché français", avec environ 30% des parts du marché du thon en conserve en France, Petit Navire "n'a pas progressé en termes de méthodes de pêche puisque la très grande majorité du thon est pêchée avec une méthode non sélective, la senne", un immense filet.

Surexploitation des océans

Samedi, l'ONG avait déjà symboliquement "nettoyé" des rayons de supermarchés des boîtes de thon Petit Navire dans plusieurs villes de France, dont Strasbourg, Lille, Metz, Lyon, Grenoble, Montpellier, Poitiers ou La Rochelle.

François Chartier, chargé de campagne Océan pour Greenpeace France, a justifié cette action choc par l'immobilisme de Petit Navire:

"Nous l'avons interpellé plusieurs fois ces dernières semaines, sans réelle réaction de sa part. C'est pourquoi nous faisons appel aux distributeurs pour qu'ils demandent à Petit Navire de faire évoluer ses pratiques de pêche." 

Greenpeace a précisé dans son communiqué qu'elle s'adressait "également à Thai Union, leader mondial de l'industrie des produits de la mer et du thon en boîte et propriétaire de la marque française".

Selon l'organisation écologiste, les DCP contribuent à la surexploitation des océans, notamment par le prélèvement de thons juvéniles et les prises accessoires d'espèces marines, telles que les requins.
Ma. G. avec AFP