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Une trentaine de dauphins s'échouent sur l'Île-de-Ré

Vingt-neuf de ces mammifères marins ont pu être remis à l'eau, mais trois individus sont morts. Les chercheurs tentent de comprendre ce que les dauphins faisaient dans cette zone côtière.

La scène est rare. Trente-deux dauphins vivants se sont échoués mercredi sur plusieurs pages de l'Île-de-Ré (Charente-Maritime), rapporte France Bleu. Selon les premières hypothèses, ils se seraient retrouvés sur la côte en chassant un ban de poissons, et ont été piégés par la marée basse.

"On a 32 individus qui se sont échoués, ils ont été manipulés, renfloués, et on a eu ces trois individus morts", explique vendredi sur BFMTV Willy Dabin, ingénieur d'études à l'observatoire Pelagis, qui a récupéré les corps des trois dauphins.

Une autopsie pour comprendre leur venue

"On est en cours d'examen et d'autopsie pour essayer de comprendre leur venue, sachant que l'hypothèse principale que l'on pourrait émettre ce serait une recherche alimentaire, une poursuite de proies qui les aurait mené dans ce secteur", explique l'ingénieur.

L'idée est actuellement de vérifier le contenu de leur estomac, pour voir si on y retrouve des proies fraîches, ce qui validerait l'hypothèse de leur venue et expliquerait leur échouage.

"Une fois dans cette zone côtière, le piège était assez évident, pour eux la difficulté c'était de ressortir", continue Willy Dabin, car "leur système d'écholocation, qu'ils utilisent pour se repérer, ne peut pas fonctionner dans des faibles hauteurs d'eau, ils ne pouvaient ainsi pas retrouver la sortie".

Faire très attention lors de leur manipulation

L'ingénieur d'études explique également qu'en cas d'échouages, il est important de respecter certains gestes, et de contacter l'observatoire (05.46.44.99.10), afin de recevoir des consignes et d'éviter de blesser, voire de tuer l'animal.

"Ce sont des animaux qui sont extrêmement sensibles au stress, donc il faut être très vigilant à tout ce qui est agitation et à la manière dont on les manipule parce qu'ils peuvent arrêter de respirer en étant en état de choc et de stress, et après l'arrêt respiratoire, il y a un arrêt cardiaque", déclare-t-il.

Sur l'Île-de-Ré, ce sont des pompiers et des habitants qui ont remis à l'eau les mammifères, écrit Sud Ouest. Ils "ont fait ce qu'ils ont pu et ont essayé de faire au mieux", déclare Willy Bavin.

Dans les cas d'échouages d'animaux vivants, il préconise de "les mettre en position de confort sur la partie ventrale, de les accompagner par une attraction de la peau avec des linges, mais de ne pas les manipuler". Il rappelle qu'il faut les remettre à l'eau tous ensemble, pour ne pas qu'un animal se rééchoue, en entendant l'appel des siens, mais aussi qu'il faut attendre le bon moment de la marée, pour ne pas qu'ils se retrouvent à nouveau sur la plage quelques heures plus tard.

"Ce sont des mammifères, ils ont une respiration aérienne", souligne Willy Dabin. "Le fait qu'ils soient en dehors de l'eau n'est pas un problème, ils peuvent y rester plusieurs heures, sans que ce soit vital pour eux, dès l'instant qu'ils ne stressent pas".
Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV