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Transition énergétique: Greenpeace fustige les mauvais résultats de la région Auvergne-Rhône-Alpes

L'ONG a publié ce jeudi un classement des territoires de France métropolitaine selon le niveau de leur consommation d'électricité et leur développement de l'éolien et du photovoltaïque.

L'Auvergne-Rhône-Alpes, mauvais élève de la transition énergétique. Greenpeace a mis en ligne ce jeudi un classement des territoires de France métropolitaine les plus engagés en ce domaine. Et la région se distingue par ses mauvais résultats.

L'ONG a basé son classement sur trois critères. Le premier: la dynamique de réduction de la consommation d'électricité par rapport aux objectifs fixés par Greenpeace d'ici 2030. Dans ce domaine, la région hérite d'un 0/10, la classant 13e/13.

"Des régions comme la Bretagne, la Corse, la Nouvelle-Aquitaine, les Pays de la Loire, l'Occitanie ou l'Auvergne-Rhône-Alpes ont tout bonnement augmenté leur consommation entre 2013 et 2019", déplore Greenpeace, contrairement à l'Île-de-France ou les Hauts-de-France.

Du retard dans le domaine de l'éolien

En 2020, la consommation d'électricité nette hors hydrogène s'approchait des 68 térawattheure. Elle se situait autour de 62 en 2010.

Deuxième critère: la dynamique de la production d'énergie éolienne, toujours par rapport aux objectifs de 2030. Sur ce point également, Auvergne-Rhône-Alpes accuse un retard important sur d'autres régions. Avec une note de 2,2/10, elle se classe 11e/13, devant Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Corse, qui héritent d'un zéro pointé.

Dernier critère: la dynamique de la production d'énergie photovoltaïque par rapport aux objectifs de 2030. Auvergne-Rhône-Alpes obtient en la matière la note d'1,5/10 et se place en septième position. Un classement faisant apparaître des notes particulièrement faibles. Seule la Nouvelle-Aquitaine (6,2/10) et la Corse (10/10), surtout, se situent au-dessus de la moyenne.

"Un immense gâchis"

Selon les données présentées par Greenpeace, la production d'énergie renouvelable se stabilise aujourd'hui autour des 30 térawattheure, soit le même niveau qu'en 2010. L'ONG espère qu'elle aura plus que doublé d'ici 2050.

À l'heure du bilan, Greenpeace regrette "un immense gâchis". "Actuellement, la région se repose sur ses acquis, avec des installations hydroélectriques qui ne pourront pas être multipliées, et des réacteurs nucléaires qui devront fermer dans les deux prochaines décennies", ajoute-t-elle. Pourtant, Auvergne-Rhône-Alpes bénéficie de "gisements énormes d'énergies renouvelables".

Greenpeace appelle ainsi la région à "assurer une baisse de sa consommation d'énergie de 20% à l'horizon 2050", à développer l'éolien, le photovoltaïque et l'énergie solaire.

Tout n'est pas noir cependant selon l'ONG. Cette dernière juge "satisfaisante l'ambition de développement de l'éolien terrestre d'ici à 2030" et estime, d'après ses calculs, qu'Auvergne-Rhône-Alpes "peut devenir la plus grande productrice d'énergie 100% renouvelable en France, pour moitié en photovoltaïque" à l'horizon 2050.

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions