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Pollution: les dispositifs de lutte montrent leurs limites

En rouge les prévisions de zones le plus polluées pour vendredi.

En rouge les prévisions de zones le plus polluées pour vendredi. - BFMTV

Avec l'anticyclone qui stagne sur la France, l'épisode de pollution exceptionnel ne risque pas de se dissiper. Et la circulation alternée, peu respectée, ne sert qu'à limiter les inconvénients. Et encore, à la marge.

Du beau temps, mais du gris. L'épisode de pollution qui frappe la France, les grandes villes, mais aussi des villes moyennes, est l'un des pires depuis 10 ans. L'air froid pollué étant plus lourd, il agit comme un couvercle qui plaque les particules fines (les fameuses PM2.5 et PM10) au sol. Pour balayer l'air vicié, seule une perturbation générant de la pluie et du vent, serait efficace. Mais tant que l'anticyclone ne cède pas de terrain, le brassage de l'air ne se fait pas.

L'objectif ne peut donc être que de limiter les conséquences et de ne pas aggraver un épisode de pollution aux particules fines, poussières en suspension qui noircissent les façades et provoquent affections respiratoires et cancers.

Circulation alternée: un pansement sur une jambe de bois?

La circulation alternée a été reconduite ce jeudi. Théoriquement et hors dérogations, seuls les véhicules aux plaques d'immatriculation finissant par un chiffre pair sont censés pouvoir rouler à Paris et dans 22 autres communes de la petite couronne. Au troisième jour de reconduction du dispositif, un appel "au civisme" est lancé par les autorités. Quelque 500 automobilistes avaient été épinglés mardi, mais Frédéric Bouvier, directeur général d'Airparif, reconnaît que l'interdiction a été "moins respectée que les années précédentes". 

Benoît Hartmann, directeur de l'association France nature environnement interrogé par BFMTV se montre aussi très critique. Selon lui, "la seule solution est la prévention en amont". Une fois que l'épisode de stagnation des particules s'est installé, le mieux qu'on puisse faire est de "limiter la casse", plaide-t-il.

"Toutes les particules qu'on enlève, c'est autant qui ne s'accumule pas", tempère Marie-Blanche Personnaz, directrice du centre Atmo pour Auvergne Rhône-Alpes. 

La mesure étendue vendredi à la région lyonnaise

Pour la première fois, le dispositif de circulation sera mis en place , à Lyon et à Villeurbanne, à partir de vendredi. Dans la vallée du Rhône, la gêne est particulièrement sensible pour les populations.

Outre les régions parisienne et lyonnaise, Grenoble, Rouen, Dunkerque, Calais, Lille, Amiens, les zones urbaines des pays de Savoie, les Hautes-Pyrénées, le Tarn-et-Garonne, la Haute-Garonne ainsi que l'Aveyron, autour de la ville de Rodez, sont concernés.

Que faire alors qu'Aiparif craint encore jeudi un "possible dépassement du seuil d'alerte", soit plus de 80 microgrammes par m3 de particules? "Abaisser la vitesse à 20 km/h semble peu cohérent, car les véhicules coincés dans les bouchons polluent aussi", souligne en substance Jean-Louis Caffier, spécialiste environnement pour BFMTV. Si le chauffage, notamment au bois (hors des inserts qui offrent une combustion plus complète), est pointé du doigt, il est impossible de nier que la circulation automobile reste une source essentielle de pollution autour de Paris.

Seul espoir d'amélioration, le retour de la pluie dimanche. Reste à savoir si cela sera suffisant avant que le beau temps l'emporte à nouveau.

David Namias