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Pic de pollution: pourquoi le vélo n'est pas plus populaire?

Les trajets à vélo représentent seulement 3% des trajets français

Les trajets à vélo représentent seulement 3% des trajets français - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Moyen de transport bon marché et surtout non-polluant, pourquoi le vélo rencontre si peu de succès en France? Nous avons posé la question à Olivier Razemon, journaliste et auteur du "Pouvoir de la pédale" (éd. Rue de l'échiquier).
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- © Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

De l'air pollué aux particules fines souffle de nouveau sur l'Ile-de-France. Jeudi, la mairie de Paris a rendu gratuit le stationnement résidentiel pour encourager les automobilistes à laisser leur véhicule...

Alors que ce type d'épisode semble devenir fréquent pourquoi ne pas se déplacer davantage à vélo? Bon marché et surtout non-polluant, il représente un moyen de transport idéal. Pourtant, la petite reine n'est pas légion sur les routes de France. En cause: des clichés qui ont la vie dure. Décryptage avec Olivier Razemon, journaliste et auteur du Pouvoir de la pédale (éd. Rue de l'échiquier).

Le vélo en France, c’est quoi en chiffres?

En 2012, les trajets à vélo représentaient 3% des trajets français, selon une étude de la Direction générale des transports de l'Union européenne. Loin derrière les Pays Bas, qui culminent à 31%, et la Suède, 19%.

Mais il ne faut pas voir en terme d'opposition Nord-Sud. En France, par exemple Bordeaux est une ville à vélo tandis que Lille pas du tout.

Pourquoi si peu d'adeptes? Un problème d'image?

Le vélo reste un moyen de déplacement marginal. Et même à Paris. Un maximum de clichés circulent autour de ce deux-roues. Par exemple, les gens sont convaincus qu'à vélo, ils vont respirer davantage de particules fines qu'en voiture, or c'est faux, des études ont démontré le contraire.

Les gens se disent "le vélo, ce n'est pas pour moi", car il véhicule l'idée de l'effort, de la difficulté, de la fatigue. Certes, c'est le corps qui se met en mouvement. Peut-être qu'il y a une forme de pudeur à se mettre à "nu" comme peut l'être une bicylette dont la mécanique est transparente, à la différence d'une voiture, où le moteur est caché sous un capot.

C'est dommage, parce que se déplacer à vélo revitalise l'économie locale. On peut faire plusieurs arrêts chez des commerçants, aller en arrière... les trajets sont plus fluides qu'en voiture. Malheureusement, les villes qui se paupérisent comme Béziers, Perpignan, Melun ou encore Chateauroux, les commerces des centres-villes disparaissent au profit d'hypermarchés en périphérie, où pour y accéder la voiture est obligatoire.

Que faudrait-il faire pour que le vélo devienne un moyen de transport à part entière?

Oui parce que le problème est là: le vélo est vu comme un objet de loisir, et non comme moyen de déplacement au même titre que la voiture ou les transports en commun. Il faut souvent une contrainte extérieure pour faire changer les mentalités.

Par exemple, dans les années 70, l'Opep avait accusé les Pays-Bas d'être pro-Israël, et avait appelé en retour au boycott pétrolier. Résultat, pour économiser l'énergie, le gouvernement avait instauré le dimanche sans voiture... La Reine Juliana s'était également montrée à vélo. Les Néerlandais ont alors commencé à l'adopter pour finalement ne plus le quitter.

Les autorités ont-elles un rôle à jouer?

La communication de la part des autorités est très importante et symbolique. Les officiels doivent montrer l'exemple. C'est le cas d'Angela Merkel, avec son déplacement sur le plus grand salon de fabrication de cycles en Allemagne. En France, il n'y a aucune prise de parole publique sur le sujet. Si la contrainte extérieure peut s'avérer efficace, celle-ci ne doit pas être associée à la privation. Comme sous l'Occupation, où beaucoup de Français étaient contraints de se déplacer à vélo...

Mais récemment avec la mise en place de la circulation alternée, les gens ont commencé à se dire qu'l y avait peut-être des alternatives en transport...

Mélanie Godey