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L’air du métro plus pollué que l’extérieur: une étude alerte sur les particules ultrafines

Une étude réalisée par le CNRS met en évidence la forte pollution aux particules fines dans le métro parisien et le RER. L'étude révèle également la présence massive de particules ultrafines, qui seraient les plus dangereuses pour la santé.

À Paris, la pollution de l'air ne s'arrête pas à l'entrée du métro. Bien au contraire, la pollution y est bien plus élevée que dans la rue. Et une nouvelle étude, menée par le CNRS en collaboration avec l'association Respire dévoilée ce mercredi, montre que la pollution aux particules ultrafines, qui seraient les plus dangereuses pour la santé, y est particulièrement importante. 

Une équipe de scientifiques a effectué des mesures dans des stations de métro et de RER en juin dernier. "Jusqu'alors, la majorité des études ne mesuraient que la concentration en particules PM10 et PM2,5 mais pas les particules les plus petites", explique l'association Respire, dans un communiqué. Cette fois-ci, grâce à un nouvel appareil, les scientifiques ont pu intégrer à leur étude des mesures de particules descendant jusqu'à 0.2 micron (PM 0.2). 

"J'avais développé un appareil qui est notamment en service au ballon de Paris. On a pris une version mobile de cet appareil et on s'est déplacé sur les quais de métro et de RER, à l'intérieur des rames, dans les couloirs", raconte à BFM Paris Jean-Baptiste Renard, directeur de recherche au CNRS et auteur de l'étude. 

Les mesures ont été prises en extérieur place du Châtelet, dans les stations Gare de Lyon (RER A), Châtelet et Cité (ligne 4) ainsi que dans les couloirs d'entrée de la station Châtelet et dans une rame de la ligne 10 entre Odéon et Gare d'Austerlitz. 

Une forte concentration de microparticules

Premier constat: les concentrations de particules sont bel et bien jusqu'à dix fois plus élevées à l'intérieur des stations de métro qu'à l'extérieur. Des données, déjà mises en évidence par d'autres études. Mais surtout, l'étude révèle que 99.5% des particules présentes dans les bouches de métro et de RER sont des particules de taille inférieure ou égale à PM1. 

"Dans certaines mesures, la concentration de PM1 atteint 30 μg/m3, ce qui est considérable pour des molécules de cette taille et qui n’est jamais atteint en extérieur", souligne l'association.

Sur le quai du RER A, à la station Gare Lyon, on dénombre ainsi entre 300 et 800 particules par cm3.

"On n'a pas encore fait la totalité du réseau, c'était une étude pour montrer l'intérêt de ces mesures, mais les plus fortes pollutions qu'on a vues étaient en début de quai sur la ligne A, à la station gare de Lyon, où on voit parfois le nuage de particules qui précède la rame", ajoute le chercheur du CNRS.

Des résultats variant d'une station à l'autre

Les résultats sont néanmoins très différents selon les stations de métro ou de RER. La concentration en particules fines et en microparticules va changer entre des stations plus ou moins profondes, entre les couloirs et les quais ou encore selon l'endroit où l'on se situe sur le quai.

"On a une très grande variabilité (...). En fonction de la manière dont s'est ventilé, on va avoir des zones avec des concentrations plus ou moins fortes", détaille Jean-Baptiste Renard. 

"Un seul point de mesure par station est donc complètement insuffisant et pourrait nous faire manquer des enjeux importants", conclut donc Respire à l'issue de l'étude. 

L'association note par ailleurs d'importantes différences au cours du temps sur une même station. "Cela nous indique qu'il existe des paramètres de variabilité qui nous échappent actuellement et qu'il importe d'étudier: la variabilité observée est-elle liée au type de matériel, au type de conduite ou encore à d’autres facteurs restant à déterminer?", questionne l'association.

Cyrielle Cabot