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Dans le métro, vous respirez un air plus pollué qu'à l'extérieur

La Fédération des transports s'alarme de la pollution à laquelle sont confrontés salariés de la RATP et usagers des transports. En souterrain, l'air est en effet plus saturé en particules fines qu'à l'extérieur et dépasse régulièrement les seuils d'alerte.

La pollution est aussi un fléau dans les tunnels du métro. La Fédération des transports alerte ces derniers jours sur les concentrations très élevées de particules fines dans les tunnels du métro et du RER. Usagers et salariés respirent en effet un air plus pollué dans les souterrains qu'à l'extérieur, comme le révèle l'analyse des mesures de la RATP, couplées avec celles des capteurs extérieurs d'Airparif.

La RATP publie sur son site internet les relevés de qualité de l’air, heure par heure, dans trois stations parisiennes: Franklin D. Roosevelt, une bouche de métro classique qui relie les lignes 1 et 9, Auber, une gare du RER A, et enfin Châtelet, nœud névralgique du transport francilien. D’un autre côté, Airparif met en ligne quotidiennement les mesures de capteurs extérieurs proches de ces stations. Il est donc possible, en combinant ces sources, de comparer l’air extérieur à celui du métro.

Toutes les lignes ne sont pas concernées

Résultats, les gares souterraines du RER se révèlent bien plus saturéee en particules fines que l’air extérieur. Aux heures de pointe, à Châtelet et à Auber, la concentration moyenne de ces polluants dépasse les 200 microgrammes par m3 (µg/m3). Pour comparaison, le pic de pollution de cet hiver s’élevait à 83µg/m3 sur le périphérique est.

La station Franklin D. Roosevelt, plus proche du sol, affiche des taux similaire à ceux des Champs-Elysées, un axe routier très fréquenté. La saturation en particules fines ne concerne donc pas tous les tunnels parisiens.

Un risque encore incertain sur la santé

Les usagers du RER respirent sans le savoir un air qui dépasse régulièrement le seuil d’alerte en extérieur, de 80µg/m3. Cependant, il n’existe pas réellement de norme pour les zones souterraines. Une situation critiquée dès 2015 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, l’environnement et du travail (Anses) qui s’inquiète des éventuels conséquences pour les agents de la RATP, exposés sept heures par jour à de tels taux.

La composition des particules en suspension dans le métro diffère de celles de l’air urbain. Les constituants majeurs identifiés sont plusieurs métaux dont le fer, du carbone élémentaire et du carbone organique. Ils proviennent du frottement des freins ou du contact des roues sur les rails. La toxicité de ces polluants pour l’organisme est donc mal connue. Les études récentes ont davantage porté sur la pollution de l’air extérieur.

Le métro parisien, plus pollué de France

La RATP, consciente du problème, cherche à améliorer la qualité de l'air dans ses tunnels et les conditions de travail de ses salariés. "On améliore bien évidemment la ventilation mécanique pour mieux renouveler l’air, on réduit également le taux d’exposition des agents en améliorant le freinage électrique de nos matériels roulants et quand on leu peut on passe également nos ateliers à l’extérieur. C’est le cas notamment des ateliers de la ligne 11 et de la ligne 14 dans le cadre des prolongements de ligne.", explique à BFM Paris Sophie Mazoué du service responsabilité sociale de la RATP.

Les usagers parisiens ne sont pas les seuls à respirer un air pollué. En 2009, une campagne de mesures a été réalisé dans toute la France. D’après ses résultats, le métro parisien est le plus pollué avec des pics journaliers maximums en PM10 à 500µg/m3, contre 218 à Lyon, 191 à Toulouse, 169 à Lille, 153 à Rennes et 146 à Rouen. Il ne fait pas bon respirer dans les rames de métro françaises.

Emeline Gaube