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Pollution: l’air du métro encore plus irrespirable que l’air extérieur

Connue à l'extérieur, la pollution de l'air est encore plus présente en souterrain, dans les couloirs du métro. Outre les usagers des transports, les agents de la RATP sont les plus exposés à cette pollution. Explications de Jean-Christophe Brisard, auteur de "Irrespirable, le scandale de la qualité de l'air en France".

La pollution de l'air ne s'arrête pas à l'extérieur. Elle est aussi particulièrement présente dans les souterrains du métro. Dans son livre, "Irrespirable, le scandale de la qualité de l'air", le journaliste Jean-Christophe Brisard met en lumière cette pollution à laquelle sont exposées des millions de personnes.

"Dans le métro vous avez à la fois l'air extérieur qui vient s'infiltrer dans les stations mais vous avez aussi les usures de frein, ces frottements des roulements du métro. Ce sont des particules qui ne peuvent pas sortir du métro, qui sont en permanence dans l'air", explique sur BFM Paris Jean-Christophe Brisard. 

Les particules les plus fines (PM2,5) et nanoparticules sont dangereuses pour la santé. Inhalées, elles pénètrent dans les voies respiratoires inférieures et peuvent être à l'origine de maladies cardiovasculaires ou cancers.

Les agents de la RATP en première ligne

Le danger est surtout présent pour les agents des transports qui restent plusieurs heures par jour exposés à cette pollution, selon Jean-Christophe Brisard.

"Dans le métro vous avez à la fois les conducteurs, les agents de sécurité mais vous avez aussi toutes ces personnes qui vendent des croissants, qui vendent des journaux... et ils ne sont pas forcément informés du danger qu'ils prennent chaque jour en allant travailler. Ils respirent en permanence cet air chargé en polluants", insiste l'auteur de "Irrespirable". 

24.000 personnes seraient ainsi concernées en région parisienne. "J'ai discuté avec plusieurs employés de la RATP, faute d'information ils sont inquiets pour leur santé. Ils se disent, peut-être que dans 10 ans je vais développer une maladie grave, un cancer, et ce sera trop tard", ajoute-t-il.

Peu de mesures dans le métro

Il est toutefois difficile de connaître avec précision l'exposition exacte de chacun aux polluants. Au sein du réseau de transports parisien, la RATP dispose seulement de trois sites de mesures: station Franklin D. Roosevelet, station Châtelet et station Auber. Ces mesures seraient représentatives de la pollution dans les autres stations selon la RATP. 

"Ca représente moins d'1% de l'ensemble des stations RATP et RER (...) et une seule mesure les particules fines, c'est la station Auber. Actuellement comme elle est en rénovation, elle ne fonctionne pas", déplore Jean-Christophe Brisard. 

La RATP de son côté se dit consciente des problèmes de pollution sur son réseau et souligne ses efforts pour améliorer la qualité de l'air. Ces efforts passent par la renforcement des systèmes de ventilation et le renouvellement du matériel roulant pour limiter les émissions issues des frottements. En septembre dernier, la région Ile-de-France a par ailleurs annoncé des expérimentations pour dépolluer l'air du métro

Carole Blanchard