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Encore 155 passages à niveau dangereux en France

Un "plan de sécurisation national" lancé en 1997 prévoyait la suppression de 437 passages à niveau "préoccupants". Au total, 282 ont été supprimés depuis et il en reste 155 à traiter.

Un rapport parlementaire sur la sécurité des passages à niveau remis vendredi au gouvernement recommande notamment de porter l'attention sur des aménagements bien conçus à leurs abords plutôt que de les remplacer par des ponts.

Dans ce rapport publié seize mois après l'accident mortel d'un car de collégiens à Millas (Pyrénées-Orientales), la députée (LREM) du secteur Laurence Gayte propose de "réorienter les financements de l'Etat et de SNCF Réseau en priorité sur des aménagements plutôt que sur des dénivellations" consistant à la construction de ponts.

"Des actions de quelques dizaines de milliers d'euros peuvent apporter une réelle amélioration de la sécurité" quand un pont coûte de 10 à 20 millions d'euros, écrit-elle, ajoutant que les collectivités locales devraient mettre la main au portefeuille quand leurs projets d'aménagements accroissent la circulation.

Certes, un "plan de sécurisation national" lancé en 1997 prévoyait la suppression de 437 passages à niveau "préoccupants". Au total, 282 ont été supprimés depuis et il en reste 155 à traiter. Mais ces franchissements jugés les plus dangereux n'ont concerné que 11% des accidents ces trois dernières années, relève la députée. La France en compte 15.405 en tout, selon son rapport.

L'élue propose de mieux identifier les risques, d'optimiser les équipements -en améliorant la signalisation ou allongeant le cycle de fermeture- de réduire la vitesse routière aux abords des passages à niveau, de renforcer les sanctions, de mieux organiser la politique de sécurisation et de mieux répartir les financements.

30 à 40 morts par an

On déplore en France de 30 à 40 morts par an, soit 1% environ de la mortalité routière, sur les passages à niveau, selon la députée. A Millas, six collégiens sont morts dans une collision entre leur bus et un train régional en décembre 2017.

"Le nombre d'accidents et de tués aux passages à niveau est et reste insupportable. Nous ne pouvons pas nous résoudre à la fatalité", a déclaré la ministre des Transports Elisabeth Borne, recevant le rapport vendredi matin.

"Il nous faut ne pas céder à l'idée selon laquelle la suppression par dénivellation serait la seule réponse possible", a-t-elle ajouté.

Elisabeth Borne a annoncé qu'elle réunirait le 29 avril le comité de suivi de la sécurité ferroviaire, "afin de débattre de ces pistes et de décider des actions à engager".

Clément Boutin avec AFP