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"Difficiles d'accès", eau "froide": une campagne pour empêcher la surfréquentation des Calanques

Les calanques de Marseille et de Cassis se visitent toute l’année, à pied ou en bateau

Les calanques de Marseille et de Cassis se visitent toute l’année, à pied ou en bateau - AntoineJoub/Creative Commons

Le parc national des Calanques, dans les Bouches-du-Rhône, souhaite préserver ses sites naturels, victimes de leur succès.

Sur les réseaux sociaux, c'est devenu une destination très régulièrement mise en avant. Eau transparente baignée par un soleil ardent, le tout avec un ciel azuréen en toile de fond. Les clichés ont tout d'une carte postale.

Et pourtant: "Les lieux de baignades populaires du parc national (...) sont difficiles d'accès, de taille réduite et surfréquentés en été. Dans la plupart des cas, vous n'y trouverez ni commerces, ni points d'eau, ni toilettes, ni poubelles". Mais aussi:

"L'eau dans les calanques est souvent froide."

Cette "anti-communication", on peut la lire avec surprise à la rubrique "plages et baignades" du site Internet du parc national en question. Le site naturel a choisi de mettre en avant des désagréments de ces lieux d'exception pour décourager les visiteurs et oeuvrer à sa préservation. Une manière de faire prendre conscience au public de la fragilité de l'écosystème.

"Victime de son succès"

"C'est un endroit en effet magnifique, mais c'est un endroit qui est victime de son succès et qui aujourd'hui accueille beaucoup de monde, peut-être en effet trop de monde. Et aujourd'hui, notre objectif c'est de maîtriser l'attrait de ce territoire pour à la fois mieux le protéger, mais aussi garantir une meilleure qualité d'expérience à ceux qui viennent le visiter", déclarait François Bland, directeur du parc national des calanques, sur RMC ce vendredi matin.

"On essaie aussi d'intervenir auprès des influenceurs sur Instagram, en leur disant que leurs publications peuvent avoir un impact sur la surfréquentation du territoire, donc on invite plutôt chacun à garder son expérience pour soi, à ne pas se géolocaliser, à ne pas surexposer des sites très fragiles", a-t-il ajouté.

Exacerbation du phénomène à l'été 2020

Cette campagne intervient à la suite d'une surfréquentation qui, au cours de l'été 2020, a franchi un "cap inquiétant", selon un rapport cité par Le Monde, et présenté le 10 décembre dernier à l'administration du site naturel. Une hausse de la fréquentation à mettre en relation avec la crise sanitaire, et le fait que nombre de personnes ont privilégié au cours de l'été passé les vacances sur le territoire français.

"L'été a été le révélateur de l'attrait exponentiel du site. Une augmentation exacerbée par le contexte du Covid-19 et l'impossibilité pour les Français de prendre des vacances à l'étranger, mais qui vient confirmer une trajectoire installée depuis sa création", analyse auprès du Monde Didier Réault, vice-président Les Républicains du conseil départemental des Bouches-du-Rhône.

Selon le quotidien du soir, quelque 3 millions de personnes visitent chaque année le parc régional.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV