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Confrontée à une pénurie d'eau, l'Afrique du Sud déclare l'état de catastrophe naturelle

Des Sud-Africains viennent chercher de l'eau potable dans une source publique, près du Cap, le 19 janvier 2018.

Des Sud-Africains viennent chercher de l'eau potable dans une source publique, près du Cap, le 19 janvier 2018. - Rodger Bosch - AFP

Le Cap, la deuxième ville d'Afrique du Sud, se retrouve confrontée à sa pire crise de sécheresse depuis un siècle. Les habitants n'ont désormais droit qu'à 50 litres d'eau quotidiens par personne.

Une véritable pénurie d'eau, qui pourrait encore s'aggraver. Les autorités sud-africaines ont proclamé mardi l'état de catastrophe naturelle dans tout le pays à cause de la sécheresse historique qui frappe depuis des mois la ville du Cap. La deuxième agglomération du pays est en effet menacée d'une rupture d'approvisionnement en eau potable.

Les robinets bientôt à sec?

Cette décision, publiée dans le journal officiel, a été prise après "réévaluation de l'ampleur et de la gravité de la sécheresse actuelle". Le gouvernement se voit désormais confier la gestion de la crise. Sous son autorité, toutes les institutions de l'Etat sont désormais mandatées pour mettre en oeuvre "les plans d'urgence, l'aide immédiate et les mesures de construction" nécessaires, selon le texte de l'arrêté signé par le chef du Centre national de gestion des situations d'urgence.

Le Cap est frappée par sa pire sécheresse depuis un siècle. Les réserves d'eau sont au plus bas, au point que les robinets pourraient être à sec.

50 litres d'eau par personne et par jour

Fixé un temps à la mi-avril, ce "Jour zéro", ainsi qu'il a été baptisé, a été reporté cette semaine au 4 juin, a annoncé la municipalité du Cap. Pour retarder l'échéance, les quatre millions d'habitants de l'agglomération du Cap ont été invités à n'utiliser que 50 litres d'eau par personne et par jour, l'équivalent d'une douche quotidienne de trois minutes.

"La semaine dernière, la consommation a été ramenée à 526 millions de litres par jour", s'est félicité Ian Neilson, un adjoint au maire du Cap. "C'est la première fois que la moyenne hebdomadaire est restée sous la barre des 550 millions de litres par jour grâce aux interventions de la mairie et aux efforts des résidents", a-t-il ajouté, "on va y arriver".

Des amendes pour les désobéissants?

Les autorités locales ont menacé d'infliger des amendes à ceux qui dépasseraient ce seuil mais leurs menaces n'ont, pour l'heure, pas été mises à exécution. Si le fameux "Jour zéro" venait à se produire, les Captoniens devront se ravitailler à 200 points de collecte d'eau, où ils recevront un maximum de 25 litres par jour et par personne.

La municipalité du Cap, contrôlée par le parti d'opposition de l'Alliance démocratique (DA), est vivement critiquée pour ne pas avoir tenu compte des avertissements des experts et ne pas avoir pris plus tôt des mesures de restriction.

Trop peu de précipitations au Cap

Toute l'Afrique australe a subi ces dernières années une très forte sécheresse, aggravée par le phénomène météorologique cyclique El Niño. Mais de très fortes pluies ces derniers mois ont permis à l'essentiel de la région de refaire ses précieuses réserves d'eau.

La région du Cap a toutefois fait exception, qui reçoit l'essentiel de ses précipitations pendant l'hiver austral.

Adrienne Sigel avec AFP