BFMTV

En Sibérie, les températures anormalement élevées provoquent une épidémie d’anthrax

Un enfant et plusieurs milliers de rennes ont été tués par une épidémie d'anthrax en Sibérie. Les bergers nomades, qui côtoient les animaux en permanence, sont particulièrement exposés.

Un enfant et plusieurs milliers de rennes ont été tués par une épidémie d'anthrax en Sibérie. Les bergers nomades, qui côtoient les animaux en permanence, sont particulièrement exposés. - Tatyana Makeyeva - AFP

A cause du dégel du permafrost dû à des températures anormalement élevées, des bactéries d’anthrax prisonnières de la glace ont été libérées en Sibérie, provoquant un début d’épidémie. Cette épidémie, la première depuis 1941, a entraîné la mort de près de 2.400 rennes et d’un enfant.

Une météo inhabituelle peut avoir des conséquences insoupçonnées. Actuellement confrontée à des températures anormalement élevées, la Sibérie doit faire face depuis plusieurs jours au retour d’une maladie dont la dernière épidémie datait de 1941: l’anthrax, appelée communément maladie du charbon.

Si cette bactérie réapparaît après plus de 70 ans, c’est sans doute, comme l’explique le Washington Post, à cause du dégel du permafrost, une croûte de glace censée rester glacée en continue dans les régions froides. En Sibérie, certaines régions sont confrontées à des températures qui dépassent de 6 degrés les normales de saison.

72 personnes hospitalisées, un enfant décédé

Comme le rapporte le Siberian Times, un enfant de 12 ans est mort ce samedi de cette maladie, qui, comme l'explique l’Institut pasteur sur son site, peut prendre plusieurs formes: cutanée, intestinale et pulmonaire. Le charbon, qui touche de nombreux mammifères, se transmet de l’animal à l’homme, mais pas d’un homme à un autre.

Le garçon décédé samedi faisait partie d’une famille d’éleveurs de rennes, très nombreux dans la région. Il a été atteint après avoir mangé de la viande infectée, victime d’une forme intestinale de la maladie, particulièrement violente. Au moins huit autres cas de contamination ont été confirmés jusque-là, dont trois chez des enfants. Au total, 72 personnes sont hospitalisées actuellement, dont au moins 13 nomades, qui vivent avec les rennes.

Cimetière et carcasses de rennes

D’après le Washington Post, la bactérie responsable de l’anthrax se serait réactivée à partir de la carcasse d’un renne mort dans l’épidémie d’il y a 75 ans. Prise dans la glace, la chair de l’animal aurait dégelé, ce qui a réveillé la bactérie et provoqué une épidémie parmi des troupeaux de rennes.

"En conséquence du dégel du permafrost, les vecteurs de maladies mortelles des 18ème et 19ème siècles pourraient réapparaître, en particulier près des cimetières où les victimes de ces maladies ont été enterrées", expliquaient il y a quelques années déjà deux chercheurs russes cités par le Post, qui appelaient les autorités à se tenir en alerte.

Le Siberian Times précise qu'un cimetière proche de l'endroit ou s'est déclaré cette nouvelle épidémie est sous surveillance, soupçonné d'avoir joué un rôle.

Au moins 2.349 animaux en sont morts en l’espace de 10 jours, précise le Siberian Times. Leurs carcasses sont incinérées, pour éviter une plus large propagation. 4.500 rennes ont aussi été vaccinés contre l’infection, et l’objectif est d’en immuniser au total 41.000.

Charlie Vandekerkhove