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Un Robin des Bois atypique ouvre le 63e Festival

Le "Robin des Bois" du cinéaste britannique Ridley Scott, interprété par Cate Blanchett et Russell Crowe, a ouvert mercredi le 63e Festival de Cannes. /Photo prise le 12 mai 2010/ REUTERS/Christian Hartmann

Le "Robin des Bois" du cinéaste britannique Ridley Scott, interprété par Cate Blanchett et Russell Crowe, a ouvert mercredi le 63e Festival de Cannes. /Photo prise le 12 mai 2010/ REUTERS/Christian Hartmann - -

Robin des Bois, film à grand spectacle et premier jalon d'une présence américaine clairsemée, a ouvert mercredi...

par Wilfried Exbrayat

CANNES (Reuters) - "Robin des Bois", film à grand spectacle et premier jalon d'une présence américaine clairsemée, a ouvert mercredi le 63e Festival de Cannes et dépeint le héros d'avant la légende.

Le cinéaste britannique Ridley Scott, auteur, entre autres d'"Alien", de "Blade Runner" et de "Gladiator", est aux commandes de cette énième déclinaison du héros au grand coeur de la forêt de Sherwood, auquel Russell Crowe prête ses traits et son jeu énergique.

Ce "Robin des Bois" est intéressant en ce qu'il est en fait un préambule à la légende. En un peu plus de deux heures, il donne le contexte, les conditions et les événements qui aboutiront à la naissance du bandit qui détrousse les riches pour donner aux pauvres.

Russell Crowe, paupières lourdes, cheveux courts et raides, n'a rien du sémillant bandit au grand coeur campé, avant-guerre, par Errol Flynn, un Australien comme lui, dans un film de Michael Curtiz, un cinéaste hongrois émigré à Hollywood, au Technicolor flamboyant.

Il n'a aussi que peu de ressemblance avec Kevin Costner, qui avait repris le rôle au début des années 90. Ce Robin des Bois-là, moins bondissant que son prédécesseur en collants verts, revenait de croisade pour redresser les torts en compagnie d'un chevalier maure interprété par Morgan Freeman.

"Il y a déjà eu tant de versions filmées de Robin des Bois. Mais j'ai le sentiment qu'aucune n'est vraiment satisfaisante eu égard à l'élément humain du personnage", a déclaré Russell Crowe mercredi en conférence de presse. "Je voulais découvrir quelles étaient les véritables motivations de l'altruisme de ce personnage".

Le cinéaste Ridley Scott ne participait pas à la conférence de presse, en raison d'une opération au genou qui l'a tenu éloigné de Cannes.

DAMOISELLE EN DÉTRESSE

Le hors-la-loi interprété par Crowe est vieilli. C'est un homme mûr, un simple archer qui a accompagné Richard Coeur de Lion en Palestine et qui tente, tant bien que mal, de survivre.

C'est encore un soldat opportuniste qui saisira au vol la chance qui se présente à lui de retourner en Angleterre, en usurpant l'identité d'un chevalier - Sir Robert Loxley - décédé dans des conditions peu catholiques.

Il rencontrera Marianne de Loxley, l'épouse du défunt chevalier jouée par l'actrice australienne Cate Blanchett, et s'ensuivront divers péripéties et combats, figures obligées de l'imaginaire attaché à un personnage légendaire, dont la tradition écrite semble remonter aussi loin que le IXe siècle.

La Marianne de 2010 n'a pas non plus grand chose à voir avec celle interprétée par l'actrice britannique Olivia de Havilland en 1938. C'est une femme accomplie, de haut lignage, mais qui ne rechigne pas à prendre la bêche pour donner vie à des récoltes auxquelles s'en prendront de jeunes va-nu-pieds morts de faim ou des percepteurs rapaces.

"Franchement, Olivia de Havilland était vraiment belle mais j'ai toujours voulu être Robin des Bois plutôt que Lady Marianne; mais le rôle était déjà pris", a dit Cate Blanchett, lors de la conférence de presse, en réponse à une question faisant référence également à Audrey Hepburn, qui interprétait le rôle d'une Marianne vieillie dans "La rose et la flèche".

"Pour être honnête, elles ne m'ont pas laissé un grand souvenir, ce qui était sans doute pratique parce que Ridley (Scott) ne voulait en rien montrer une 'damoiselle en détresse'".

L'Angleterre du XIIIe siècle décrite par le long métrage est écrasée d'impôts. Soit qu'il ait fallu financer la troisième croisade puis la libération de captivité de Richard Coeur de Lion, soit qu'il faille entretenir le train de vie du prince Jean (joué par Oscar Isaac), toujours aussi ignoble de film en film.

Ridley Scott n'épargne guère les figures historiques, même Richard Coeur de Lion qui bénéficiait jusqu'alors, au cinéma du moins, d'un traitement plus flatteur. Les Français, et en premier lieu Philippe Auguste, en prennent eux aussi pour leur grade. Qui plus est, l'âme damnée du prince Jean est un Français (Mark Strong) qui se vend au plus offrant.

"Robin des Bois" sort en France ce mercredi 12 mai.

Edité par Sophie Louet