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Samurai 8: ce qu'il faut savoir sur la nouvelle série de Masashi Kishimoto, le créateur de Naruto

Samurai 8 de Masashi Kishimoto

Samurai 8 de Masashi Kishimoto - Shueisha Kana 2019

Cinq ans après la fin de Naruto, le mangaka Masashi Kishimoto dévoile Samurai 8: la Légende d'Hachimaru, une nouvelle série d'inspiration futuriste.

Après plus de 250 millions d’exemplaires de Naruto vendus dans le monde, dont 20 rien qu’en France, le mangaka Masashi Kishimoto est de retour. Sa nouvelle série, Samurai 8: la Légende d'Hachimaru, est disponible en français six mois après le début de sa prépublication le 13 mai 2019 dans le magazine Weekly Shōnen Jump.

"C’est la série star du shōnen, la série qui a permis aussi d’installer le shōnen comme le pilier du manga en France auprès d’un très large public. Le retour d’un auteur pareil sur le marché, c’est forcément un événement", s’enthousiasme Timothée Guédon, un des éditeurs en charge de la série chez Kana.

Preuve de l'engouement que peut susciter cette nouveauté, un tirage de 70.000 exemplaires par tome a été prévu. Les deux premiers seront disponibles à partir du 6 décembre. Les prochains seront publiés tous les trois mois. Quatre sont prévus en 2020. Samurai 8 est comme son nom l'indique une histoire de samouraïs. Un rêve que Masashi Kishimoto caressait depuis plusieurs années:

"Après la fin de Naruto, il a pris le temps de profiter de la vie en famille. Malgré tout, l’envie de refaire du manga, de raconter des histoires, s’est de nouveau manifestée. Il rêvait d'aborder les thématiques samouraï et science-fiction. Il a sans doute voulu les mixer, car il s’est dit qu’il n’aurait peut-être pas le temps de faire deux nouvelles séries", souligne Timothée Guédon.
Couverture du premier tome de Samurai 8
Couverture du premier tome de Samurai 8 © Shueisha Kana 2019

Un message positif pour la jeune génération

Débuté en septembre 1999, Naruto s'est en effet terminé quinze ans plus tard, en septembre 2014, après 72 tomes. Aujourd'hui âgé de 45 ans, Masashi Kishimoto veut se ménager. Alors qu'il supervise également Boruto, spin-off de Naruto, il a voulu prendre sa "revanche", estime l'éditrice Yuki Takanami, également en charge des œuvres de Kishimoto chez Kana: "Le tout premier projet qu’il avait montré à Shueisha était une histoire de samouraï qui n’avait pas été prise."

Reflet des inquiétudes actuelles du Japon, Samurai 8 se déroule dans le futur. Un cadre inhabituel pour les histoires de samouraïs, le plus souvent situées au Moyen-Âge, comme dans les classiques Kamui-den de Sanpei Shirato ou Vagabond de Takehiko Inoue. "Ce que lui offre cette dimension futuriste, c’est de pouvoir proposer des éléments plus en adéquation avec ce que vivent les lecteurs aujourd’hui", analyse Timothée Guédon. Comme Asadora, la nouvelle série de Naoki Urasawa publiée à partir de janvier chez Kana, Samurai 8 regarde vers l'avenir pour "donner un peu d’entrain et d’optimisme aux jeunes lecteurs".

"On sent dans les interviews que donnent Kishimoto et Urasawa qu’il y a chez les Japonais un traumatisme assez important du tremblement de terre et du tsunami de 2011", ajoute Yuki Takanami. "Ce traumatisme pousse ces esprits créatifs à proposer aux Japonais une perspective plus joyeuse de l’avenir que celle qu'ils perçoivent actuellement. Kishimoto et Urasawa appuient à chaque interview sur le fait que leurs mangas sont des énergies positives insufflées à la population japonaise."

Depuis la fin de Naruto, Kishimoto s'est contenté de superviser Boruto et a préféré consacrer son temps à sa famille et à ses deux fils. "Je pense que la jeunesse de ses enfants l’a fait beaucoup réfléchir sur l’avenir. Il a voulu préparer les préparer à l’avenir", commente l'éditrice. "Ce genre de réflexions se reflète dans son œuvre aussi. Il a voulu que ses propres enfants, mais aussi tous les enfants japonais, puissent voir l’avenir positivement."

Couverture du deuxième tome de Samurai 8
Couverture du deuxième tome de Samurai 8 © Shueisha Kana 2019

"Proposer un manga encore meilleur que Naruto"

Kishimoto a choisi, contrairement à Naruto, de se concentrer sur le scénario. Il a confié ses pinceaux à Akira Ōkubo, un de ses assistants qui travaille avec lui sur Naruto depuis neuf ans. "Au moment où il a commencé à envisager de faire une nouvelle série, il s’est fait la réflexion qu’il ne se sentait plus la force ni l’énergie de tenir un rythme hebdomadaire en faisant le scénario et le dessin", explique Yuki Takanami.

En se consacrant au scénario, Kishimoto peut appliquer ce qu'il a appris en quinze ans de Naruto. "Il reconnaît lui-même qu’il y a des imperfections, qu’il peut y avoir des petites choses à améliorer", précise l'éditeur. "Avec Samurai 8, il s’est dit qu’il allait pouvoir proposer un manga encore meilleur, en rectifiant les erreurs qu’il a pu commettre." Yuki Takanami ajoute:

"Au moment de la sortie du premier tome de Samurai 8, il a donné des interviews où il soulignait le fait que comme il était assez perfectionniste pour le dessin, pendant la prépublication de Naruto, il a mis certains de ses collaborateurs dans le pétrin parce qu’il traînait à rendre ses planches, car il voulait qu’elles soient absolument comme il l’imaginait. Pour Samurai 8, il n’a pas voulu répéter cette erreur."

Pour se rassurer pendant l'élaboration du scénario, Kishimoto a soumis à Akira Ōkubo quelques corrections sur les premiers chapitres: "On sait qu'il était très impliqué côté dessin pour les premiers chapitres. Il donnait des indications à Ōkubo pour les cadrages et lui avait fait les storyboards des premiers chapitres. Il semblerait que Kishimoto lui ait laissé petit-à-petit la main." Le résultat l'a comblé:

"Il est fan du dessin! Kishimoto a même dit dans une interview qu'Akira Ōkubo était meilleur dessinateur que lui! Ils avaient déjà évoqué la possibilité de travailler ensemble. Cette collaboration s’est faite naturellement. Kishimoto a pu y aller les yeux fermés, sachant que ce serait impeccable et fidèle au niveau du dessin."
Jérôme Lachasse