BFMTV

Quand Gainsbourg poignarde Johnny : le procès des sosies

-

- - -

Un sosie de Serge Gainsbourg comparaît depuis vendredi devant les assises des Vosges, à Epinal. Il a poignardé un sosie de Johnny Hallyday, son voisin et rival dans les galas de la région. La victime a été poignardée au cou lors d'une dispute en 2011.

Un sosie de Serge Gainsbourg comparaît depuis vendredi devant les assises des Vosges, à Epinal, pour avoir poignardé son voisin, sosie de Johnny Hallyday, lors d'une dispute en juillet 2011. « Je reconnais le coup de couteau mais je n'avais pas l'intention de tuer », a déclaré à l'ouverture de l'audience l'accusé, Denis Colnot dans le civil, 48 ans, cheveux courts grisonnants, regard creux et bras croisés. Sur le banc des parties civiles était assis le sosie de Johnny Hallyday, sa victime, alias Michel P., front dégarni, nuque longue.

« Moi je ne travaille pas pour les cas soc’ »

Entre les deux sosies, cela a toujours été "Je t’aime, moi non plus". Les deux hommes, habitués à s'affronter lors de concours d'imitateurs dans la région, se vouaient depuis plusieurs années une rancune tenace et s'envoyaient régulièrement des messages d'insultes. C’est le faux Johnny qui a "allumé le feu" entre les deux hommes, ce jour du 23 juillet 2011. Alors qu’il tond la pelouse dans la résidence où les deux sosies habitent, dans un quartier populaire d'Epinal, Johnny est invectivé de son balcon par Gainsbourg. « Moi je ne travaille pas pour les cas soc’ (les cas sociaux, NDLR). Les cas soc’ il faudrait les aligner à la mitraillette », lui répond Johnny. Gainsbourg en a assez de ces insultes répétées, il ne supporte pas que son rival le traite continuellement de « cas soc’ ». Pour Gainsbourg, c’est "Aux armes et cætera" : il s’empare d’un couteau.

« Pétage de plomb »

« Dans un premier temps il veut intimider Jonhnny pour que ça s'arrête, raconte Rémi Stephan, l'avocat de Denis Colnot. La partie civile va alors ajouter : "si tu n'étais pas adulte handicapé je te casserai la gueule" ». "Quoi, ma gueule !", s’emporte en quelque sorte le faux Gainsbourg. « Et c'est là qu'il donne ce coup de couteau sans réellement l'intention de porter atteinte à la vie de Michel. C'est réellement le pétage de plomb », poursuit l’avocat. Non, Gainsbourg n’a pas voulu jouer "Requiem pour un c…" à son adversaire de gala, mais la lame est tout de même passée à quelques millimètres de la carotide de la victime.
Le faux Johnny estime que son rival ne supportait pas de perdre systématiquement lors des concours de sosies auxquels ils s'adonnaient et que son geste a été guidé par la jalousie. Le faux Gainsbourg risque trente ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu lundi soir.

Philippe Gril avec Camille Maestracci