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Paris: avec la BD et l'exposition Midnight Tales, Mathieu Bablet revisite Buffy et Charmed

Midnight Tales

Midnight Tales - Ankama

Le jeune dessinateur expose à Paris les planches de son nouveau projet, une anthologie inspirée autant par Lovecraft que par Buffy.

Auteur en 2016 de la remarquée BD de SF Shangri-La, Mathieu Bablet revient avec Midnight Tales, une anthologie d'histoires mêlant épouvante et ésotérisme. Conçue avec les dessinateurs Sourya, Guillaume Singelin et Gax et la scénariste Elsa Bordier, cette nouvelle série s’expose depuis vendredi dernier à la Galerie Octopus (Paris Ve).

Dans Midnight Tales, projet imaginé pour rompre avec la solitude ressentie les dernières années devant sa planche de BD, Mathieu Bablet raconte l’histoire de l'Ordre de Minuit, un groupe de femmes luttant depuis les débuts de l’humanité contre des forces obscures.

Conscient d’avoir écrit jusqu’à présent principalement des personnages masculins, Mathieu Bablet a voulu "essayer de casser cet automatisme dans [son] écriture et écrire des personnages féminins denses et complexes". Ses héroïnes, qu’il n’idéalise jamais et met en scène de la manière la plus réaliste possible, sont des sorcières habitant à travers le monde.

Midnight Tales
Midnight Tales © Ankama

L'influence de Buffy et de Charmed?

Enfant des années 1990, Mathieu Bablet a-t-il été influencé par Charmed, qui revient ces temps-ci sous la forme d’un reboot? "Je ne dirais pas Charmed, mais il y a probablement un petit côté Buffy contre les vampires", répond le dessinateur de 31 ans. "Il y a une influence générationnelle: j’ai grandi avec Charmed et Buffy et ça transparaît forcément dans ma volonté de m’inscrire dans cette espèce d’horreur adolescente telle que je la voyais quand j’avais dix ans." 

Pour Midnight Tales, Mathieu Bablet s’est aussi inspiré des nouvelles de Lovecraft, un de ses auteurs d’épouvante préférés:

"Le but n’était pas de le plagier, ni de se retrouver dans l’horreur ou le gore, mais avec des ambiances fortes et un aspect dystopique qui permet d’écrire des histoires qui se passent aux quatre coins du monde."

Chaque intrigue étant auto-conclusive, le personnage récurrent de la série est l’Ordre de Minuit, dont la mythologie sera développée de tome en tome. L’ambition de l’auteur est ainsi d’explorer les cultures et les mythologiques de chaque pays, de chaque pays: "C’est passionnant de se pencher sur la manière dont chaque pays, chaque culture voient les mondes immatériels", dit-il.

Midnight Tales
Midnight Tales © Ankama

Un deuxième tome à l'automne

Composé de quatre histoires situées aux Etats-Unis, en Inde, en Cornouailles et en France, le premier tome propose également une nouvelle, des cartes et des articles développant les thématiques abordées dans les BD, comme les crimes de dot ou encore les mystères des cités englouties.

Graphiquement, Midnight Tales se situe entre le comics et le manga, et dans la filiation des revues de nouvelles horrifiques américaines. Si les dessinateurs conservent leur style pour que chaque histoire soit "une expérience graphique différente", ils doivent cependant respecter quelques codes graphiques et des tonalités de couleurs consignés dans une bible écrite par Mathieu Bablet.

Étonnamment, c’est en France, à Loches, que se déroule l’histoire la plus surprenante visuellement de Midnight Tales. Dans un style aussi radical que psychédélique, Gax revisite L’Enfer de Dante et Alice au Pays des Merveilles en plongeant une sorcière dans une réalité complètement fantasmée. Qui a dit que l’on pouvait pas raconter d’histoires fantastiques au fin fond de l‘Indre-et-Loire? Sûrement pas Mathieu Bablet, qui annonce déjà un deuxième tome de Midnight Tales pour l’automne.

Midnight Tales
Midnight Tales © Ankama

Midnight Tales, Mathieu Bablet (scénario et dessin), Sourya, Guillaume Singelin et Gax (dessin) et Elsa Bordier (scénario), Ankama, Label 619, 140 pages, 13,90 euros.

Exposition du 25 mai au 9 juin à la Galerie Octopus. Adresse: 69 Rue Saint-Jacques, 75005 Paris. Ouverture du mardi au samedi de 11 à 19 heures. Téléphone: 06.03.00.11.80.

Jérôme Lachasse