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Mort de Maria Schneider, héroïne du "Dernier Tango à Paris"

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PARIS (Reuters) - L'actrice française Maria Schneider, héroïne du "Dernier Tango à Paris" aux côtés de Marlon Brando, est décédée jeudi matin à...

PARIS (Reuters) - L'actrice française Maria Schneider, héroïne du "Dernier Tango à Paris" aux côtés de Marlon Brando, est décédée jeudi matin à Paris à l'âge de 58 ans.

Elle restera célèbre pour l'un des rôles les plus sulfureux de l'histoire du cinéma français, dans le film à scandale de Bernardo Bertolucci, aux côtés de Marlon Brando. Elle avait alors 19 ans.

"Trente-huit ans après le film qui la révéla (...) c'était toujours la partenaire à la fois séduisante, innocente et sévère de Marlon Brando, devenue une icône du cinéma", écrit le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, dans un communiqué.

Elle a également joué dans "Profession: Reporter", de Michelangelo Antonioni, "La Baby-sitter" de René Clément, "La Dérobade" de Daniel Duval et "Merry Go-Round" de Jacques Rivette.

Fille de l'acteur Daniel Gélin et du mannequin Marie-Christine Schneider, elle avait fait ses débuts au théâtre alors qu'elle n'avait que 15 ans.

Après "Dernier Tango à Paris" et quelques autres succès, les rôles s'étaient fait plus rares pour Maria Schneider, de nombreux producteurs étant apparemment effrayés par sa réputation et elle-même refusant de tourner à nouveau nue.

"Je refusais les rôles directement hérités du Dernier tango, commençant à monter contre moi toute une frange de producteurs qui ne voient dans les actrices que de la chair fraîche et consommable, et je continuais à fonctionner sur des rencontres", expliquait-elle en 2001, dans Libération.

Interrogée par le quotidien sur une scène devenue culte du "Dernier Tango à Paris", Maria Schneider expliquait avoir revu le film récemment et l'avoir trouvé daté et d'une provocation malhabile.

Elle préférait retenir l'incroyable disponibilité de Brando, "qui a réalisé une large partie de la mise en scène, dictant à un Bertolucci soumis ce qu'il devait faire".

Après une absence relative dans les années 1980-90, Maria Schneider avait joué deux rôles importants, dans "Au pays des Juliet" de Medhi Charef et dans "Les Nuits fauves" de Cyril Collard.

Pour Frédéric Mitterrand, Maria Schneider avait su incarner et imposer auprès de quelques-uns des grands cinéastes du XXe siècle "un personnage paradoxal qui n'appartenait qu'à elle."

"Enigmatique dans 'Profession : reporter', d'Antonioni, lointaine dans le 'Voyage au jardin des morts' de Philippe Garrel, inquiétante dans 'Merry-go-round' de Rivette, personne ne savait rendre palpables comme elle le temps et l'attente de ce qui va arriver", ajoute-t-il.

Gérard Bon, édité par Patrick Vignal