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Mickey et l’océan perdu: la souris de Disney comme vous ne l'avez jamais vue

Couverture de Mickey et l'océan perdu

Couverture de Mickey et l'océan perdu - Glénat

Écrite par Denis-Pierre Filippi et dessinée par Silvio Camboni, la BD Mickey et l'océan perdu revisite en version steampunk la célèbre souris de Walt Disney.

La première page de Mickey et l’océan perdu est glaçante. Non pas parce qu’elle se déroule dans le grand nord de l’Ouralie, mais parce qu’un récitatif annonce que l’action débute dix-sept ans "après le grand conflit". De mémoire de souris, on n’avait jamais vu une aventure de Mickey débuter ainsi. De quel conflit s’agit-il? Le monde de la souris de Walt Disney n’est-il pas préservé de la violence et des conflits?

"Le texte aurait pu être beaucoup plus violent", rigole à moitié Denis-Pierre Filippi, scénariste de ce nouveau Mickey édité par Glénat. "Il aurait pu y avoir 'après la guerre', mais on a changé le mot 'guerre' par celui de 'conflit' pour éviter de trop choquer les gens".

Il ajoute: "Oui, il y a eu des batailles, des affrontements. Oui, Mickey a donné des coups de poings dans le passé. Mickey a tout vécu. Nous avons juste replacé ce personnage dans un univers où il y a eu des difficultés. Il y a les restes d'un grand conflit comme notre civilisation a toujours été parsemée de guerres".

Mickey et l'océan perdu
Mickey et l'océan perdu © -

"Des trucs vraiment horribles dans le Mickey des années 30"

Nonobstant cette explication, cette contextualisation a de quoi surprendre le lecteur de Mickey. Les aventures de la souris sont le plus souvent atemporelles. "Pas forcément", rectifie le dessinateur Silvio Camboni, qui travaille avec Disney depuis plus de vingt ans. La violence a d’ailleurs toujours été présente dans les histoires de Mickey, rappelle-t-il:

"Il y a eu des histoires bien plus violentes que la nôtre. Dans les histoires de Floyd Gottfredson, dans les années 1930, Pat Hibulaire et le Fantôme noir essayent de tuer Mickey à plusieurs reprises. Il y a des trucs vraiment horribles".

Dans Mickey contre le Fantôme noir, récit fondateur de 1939, notre joyeuse souris doit en effet survivre à une série de tortures dignes du film Saw. "Pat Hibulaire et le Fantôme noir n’y arrivent jamais, mais ils ont l’intention claire de tuer Mickey. Dans notre album, on parle juste du fait qu’il y a eu un conflit. C’est l’histoire de toute l’humanité. Et Mickey, Pluto, Dingo, Donald racontent notre humanité et notre vie".
Mickey contre le fantôme noir (1939)
Mickey contre le fantôme noir (1939) © Glénat

Inventions décalées et rétrofuturisme

Outre la présence sourde de la guerre, le monde de Mickey et l’océan perdu est très inhabituel pour un Disney. On y découvre un univers rouillé, en désordre. On est loin de l’image proprette que peut avoir Mickey dans l’imaginaire collectif. Auteurs de la série steampunk Le Voyage extraordinaire, Denis-Pierre Filippi et Silvio Camboni ont été approchés pour apporter justement leur univers fait d’inventions décalées et de rétrofuturisme.

L’album comporte son lot d’images impressionnantes. Les étendues gelées des premières pages cèdent leur place à une végétation luxuriante située dans les profondeurs de l’eau. "Je sais de quoi est capable Silvio", explique Denis-Pierre Filippi. "On a eu l’habitude de pousser très loin dans les univers imaginaires. Là, on voulait offrir aux lecteurs quelque chose de poétique et de merveilleux".

Mickey et l'océan perdu
Mickey et l'océan perdu © Glénat

Le pari est réussi: les images de l’album ont suscité des réactions très positives sur les réseaux sociaux - et l'admiration des Américains, qui nous envie cette vision très personnelle de Mickey. "Les personnages de Disney appartiennent au patrimoine de l’humanité. Traités d’une manière un peu moderne et novatrice, je comprends que cela puisse susciter la curiosité", explique Silvio Camboni.

Aussi bien influencé par Mœbius que Morris, Camboni explique que les plus grands dessinateurs des aventures de Donald et de Mickey étaient comme eux de véritables novateurs. Il loue ainsi le trait de Giorgio Cavazzano, mais aussi de Floyd Gottfredson et de Carl Barks, créateur de plus de 450 histoires de Donald et Picsou: "Ce sont des classiques aujourd’hui, mais ils étaient considérés comme très modernes à leur époque". Nul doute que Mickey et l'océan perdu suivra le parcours de ces grands anciens. 

Mickey et l’océan Perdu, Denis-Pierre Filippi (scénario) et Silvio Camboni (dessin), Glénat, 64 pages, 15 euros.

À lire aussi: Mickey Maltese, La Ballade de la souris salée, Giorgio Cavazzano & Sandro Zemolin (dessin) et Bruno Enna (scénario), Glénat, 88 pages, 17 euros.

Mickey et l'océan perdu et Mickey Maltese
Mickey et l'océan perdu et Mickey Maltese © Glénat
Jérôme Lachasse