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Le Goncourt des Lycéens attribué à Karine Tuil pour Les choses humaines

L'écrivaine Karine Tuil en juin 2019.

L'écrivaine Karine Tuil en juin 2019. - Francesca Mantovani - Wikimedia - CC

L'écrivaine Karine Tuil a remporté ce jeudi le Goncourt des Lycéens pour son roman Les choses humaines.

La romancière Karine Tuil a remporté jeudi le prix Goncourt des Lycéens pour Les choses humaines (Gallimard), après avoir déjà été récompensée la veille par le prix Interallié.

"Force et finesse de l'écriture", "thème d'actualité, certes, mais abordé de façon originale", "réflexion profonde sur nos agissements et sur la complexité des choses humaines": les 12 lycéens constituant le jury final ont ainsi motivé leur choix sous les dorures et les lustres du grand salon de la mairie de Rennes.

La romancière l'a emporté dès le premier tour par sept voix, contre cinq à "Mur Méditerranée" (Sabine Wespieser) de l'écrivain haïtien Louis-Philippe Dalembert. Elle succède à David Diop, récompensé en 2018 pour son roman "Frère d'âme".

Sexe, pouvoir et médias

"Je suis extrêmement émue. Merci à vous (...) car j'ai plusieurs fois participé au Goncourt des lycéens (...) C'est une très grande joie de participer à ces échanges avec les lycéens. D'autant que cette édition était particulièrement riche", a réagi Karine Tuil, s'adressant par téléphone à l'auditoire.

Le roman, le 11e de l'écrivaine, qui a figuré dans les sélections du Goncourt et du Femina, raconte une affaire de viol qui parle aussi de domination, des faux-semblants et du culte de la performance.

Sorti en août, le dernier roman de Karine Tuil s'est déjà écoulé à 34.000 exemplaires, selon des données de GfK citées par le magazine professionnel Livres Hebdo.

Il y est question de sexe, de pouvoir et de médias. Alexandre, le fils brillant d'une famille en vue (Jean, le père, est un journaliste vedette de la télé, sa mère Claire est une essayiste féministe reconnue) est accusé de viol. Karine Tuil présente les faits sans fioritures et nous fait suivre de bout en bout le procès d'Alexandre.

"Un roman qui casse les préjugés"

Le lecteur se retrouve dans la peau d'un juré de cour d'assises. L'écrivaine laisse chacun de ses lecteurs se positionner en son âme et conscience et prendre le temps de la réflexion.

"Ça a été très dur de se mettre d'accord car tous les romans étaient très bons. Mais Les choses humaines, c'est un roman qui nous parle", a justifié le jeune président du jury, Victor Belin, 17 ans, en terminale littéraire au lycée Jacques Marquette de Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle). "C'est un roman (...) qui casse un peu les préjugés", estime-t-il.

"Ça nous a fait passer beaucoup d'émotions", a commenté Clara Ghizzioli, 15 ans, en classe de seconde au lycée Saint-Jacques de Compostelle, à Dax (Landes). Dans des affaires de viol, "souvent, dans les médias, il y a un gentil et un méchant. Là, elle remet tout ça en question".

Créé à Rennes en 1988 et organisé conjointement par la Fnac et le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, le Goncourt des Lycéens est une aventure dans laquelle embarquent chaque année dès la rentrée de septembre environ 2.000 lycéens, appartenant à une cinquantaine d'établissements scolaires, de la seconde au BTS. Tous planchent pendant deux mois sur la première sélection de l'Académie Goncourt, rendue publique début septembre. 

Un moment très fort

A noter que, cette année, les jeunes jurés n'avaient pas retenu dans leur liste finale, rendue publique mardi dernier, le Goncourt 2019, attribué début novembre à Jean-Paul Dubois pour Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon, aux éditions de L'Olivier. 

Participer au prix Goncourt des lycéens est souvent un moment très fort. "C'est une très belle aventure, ça restera à tout jamais", confiait ainsi Clara Ghizzioli après la proclamation du prix, insistant sur "les liens très profonds créés avec d'autres participants".

Les lycéens devaient dans l'après-midi prendre le train pour Paris où le prix sera remis en fin de journée à Karine Tuil dans les locaux de son éditeur, Gallimard.

M. R. avec AFP