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Fête de la musique: Jack Lang comprend "que des jeunes aient eu envie de se retrouver"

L'ex-ministre la Culture, Jack Lang, initiateur en 1982, de la première Fête de la musique, a estimé ce lundi sur BFMTV que les pouvoirs publics avaient bien fait de maintenir l'événement dimanche.

Fallait-il interdire la Fête de la musique? Interrogé à ce sujet ce lundi sur BFMTV, l'ex-ministre de la Culture Jack Lang, initiateur de l'événement en 1982, a estimé que "c'était une bonne idée" de le mainternir.

"Je crois que dans cette période, précisément, il fallait donner un signe d'espoir, au moment où l'été s'annonce. Et je crois que les pouvoirs publics ont eu raison de maintenir cette fête de la musique", a-t-il déclaré, au lendemain d'une Fête de la musique où la distanciation sociale a parfois été mise à mal.

Manque de clarté

"Simplement, parfois, les directives ont manqué de clarté, et des jeunes qui ont envie de vivre, de respirer, de se retrouver, n'ont pas toujours complètement saisi quelles étaient les limites dans lesquelles on pouvait se retrouver."
"On peut comprendre que dans cette période, des jeunes aient eu envie de se retrouver, le long d'un canal, le long de la Seine, un peu partout en France. Peut-être eut-il fallu proposer des alternatives, comme nous l'avions fait nous mêmes, à l'Institut du monde arabe. Les choses n'étaient pas claires, sur la façon de s'organiser, de tenir des concerts ici et là. (...) Un peu partout en France, dans les villages, dans les villes, dans les quartiers, les choses se sont passées merveilleusement et on a réussi à trouver un équilibre entre protection de la sécurité sanitaire et célébration de la musique et de l'été."

Sur le parvis de l'Institut du monde arabe, que dirige Jack Lang, les règles édictées ont permis de mainternir la distanciation. Le public pouvait entrer par vagues successives de 500 spectateurs afin de venir enchaînéer les karaoké assis, autour de tables de 10, espacées de 3 mètres, face à une scène où un animateur proposait des morceaux de rap et de pop arabisante.

Foule compacte

Dimanche, des milliers de Français ont profité de la Fête de la musique pour se rassembler et danser dans les rues ce dimanche, malgré un nombre d'événements restreints et des restrictions sanitaires en raison de l'épidémie de coronavirus. Des tensions ont éclaté dans la soirée avec les forces de l'ordre.

Des centaines de Parisiens se sont ainsi réunis aux abords du canal Saint-Martin pour assister à une "session apéro acoustique", autorisée par la Ville de Paris, et animée par le groupe électronique 10 DJ. Dans la foule, compacte, peu de masques apparents.

Le ministre de la Culture, Franck Riester, avait décidé de maintenir la Fête de la musique ce dimanche, estimant qu'il était "important de la célébrer". Des règles inédites avaient cependant été mises en vigueur: les grands spectacles traditionnellement organisés dans des lieux emblématiques de la capitale ont ainsi été annulés et les concerts spontanés interdits.

Magali Rangin avec AFP