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Festival de Venise: conquête de l'ouest féminisée et coup d'etat

L'actrice Michelle Williams de "Meek's Cutoff" au festival de Venise. Les festivaliers de la Mostra, qui s'achève samedi prochain, ont changé de continent dimanche avec une conquête de l'Ouest féminisée dans "Meek's Cutoff" et le coup d'Etat du Chili de 1

L'actrice Michelle Williams de "Meek's Cutoff" au festival de Venise. Les festivaliers de la Mostra, qui s'achève samedi prochain, ont changé de continent dimanche avec une conquête de l'Ouest féminisée dans "Meek's Cutoff" et le coup d'Etat du Chili de 1 - -

par Silvia Aloisi et Mike Collett-White VENISE (Reuters) - Les festivaliers de la Mostra de Venise, qui s'achève samedi prochain, ont changé de...

par Silvia Aloisi et Mike Collett-White

VENISE (Reuters) - Les festivaliers de la Mostra de Venise, qui s'achève samedi prochain, ont changé de continent dimanche avec une conquête de l'Ouest féminisée dans "Meek's Cutoff" et le coup d'Etat du Chili de 1973 comme toile de fond d'une histoire d'amour dans "Post Mortem".

"POST MORTEM", OU L'AMOUR AU TEMPS DE PINOCHET

Les épisodes troubles de la politique sud-américaine n'en finissent pas d'inspirer les cinéastes. Après "Dans ses yeux" de Juan José Campanella sacré meilleur film étranger aux Oscars 2010 qui revenait sur la période sombre des années 70 en Argentine, "Post Mortem" de Pablo Larrain s'inspire du coup d'Etat militaire qui a renversé Salvador Allende en 1973 au Chili.

Discret et silencieux, Mario Cornejo transcrit des rapports d'autopsies effectuées sur les corps des victimes civiles qui affluent dans la morgue dans les jours qui ont précédé l'arrivée d'Augusto Pinochet au pouvoir.

Quand la maison de sa voisine Nancy, une militante de la démocratie dont il est amoureux, est mise à sac par les militaires, il se lance à sa recherche et se retrouve plongée au coeur de l'Histoire.

Né en 1976, le cinéaste Pablo Larrain n'a pas vécu cette période sombre mais explique avoir cherché à la comprendre en réalisant "Post Mortem".

"Ce film n'a pas vocation à être un pamphlet ou d'être idéologique", explique-t-il. "Mes premiers souvenirs remontent aux dernières années de la dictature. Je ne l'ai pas vécue, j'ai fondé mon propre jugement à partir de bribes de souvenirs d'autres personnes."

Le film, qui s'inspire librement de la vie de Cornejo, inclut plusieurs scènes d'autopsie effectuée sur Salvador Allende après son suicide présumé. Ces scènes ont été tournées dans la même pièce de l'hôpital militaire de Santiago où a été réalisée la vraie autopsie.

"C'est la première fois que le corps de Salvador Allende est montré (dans une fiction) avec sensibilité", souligne Alfredo Castro qui incarne Mario Cornejo. "Salvador Allende a été vu dans plusieurs documentaires, ses derniers jours ont été scénarisés. Mais c'est la première fois dans l'histoire du cinéma que son corps est filmé et montré comme il l'est dans ce film, avec beaucoup de respect."

LES FEMMES À LA CONQUÊTE DE L'OUEST

Dans "Meek's Cutoff", Kelly Reichardt propose une conquête de l'Ouest sans shérifs, sans duels au coucher du soleil et sans affrontements entre cowboys et Indiens.

La réalisatrice américaine a choisi de montrer la traversée de la piste de l'Oregon en 1845 à travers les yeux d'un groupe de femmes aspirant à une vie meilleure.

Le récit, inspiré de l'histoire vraie d'un guide qui a mené un groupe de femmes avant de se perdre dans le désert, n'est pas sans rappeler "Convoi de Femmes" de William Wellman (1951) ou, dans un tout autre registre, "La fiancée de Lucky Luke", la bande dessinée de Morris.

"Je suis un grand fan des westerns, des films de Nicholas Ray et de Monte Hellman", raconte Reichardt. "Mais le point de vue est très masculin et le scénario est souvent construit autour de plusieurs épisodes forts."

Pour préparer le film, elle s'est plongée dans des carnets de femmes relatant les inconvénients d'une telle traversée qui fait tomber un à un les clichés romantiques qu'elles pouvaient avoir avant le départ.

"Quand vous lisez les carnets de ces femmes qui ont fait la traversée vers l'Ouest, le point de vue est tellement différent. Elles y parlent de travail, d'espace, de tranquillité."

Dans son film, les voyageuses doivent faire face à une nature à la fois hostile et bienveillante et sont rapidement confrontées à la peur grandissante d'être à court d'eau et de nourriture ou d'être la cible d'une attaque.

Marine Pennetier pour le service français