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Deux ministres français se mobilisent pour un cinéaste iranien

Jafar Panahi au Festival de Berlin. Bernard Kouchner et Frédéric Mitterrand ont lancé un appel en faveur de la libération du cinéaste iranien de 49 ans, emprisonné dans son pays. /Photo d'archives/REUTERS/Arnd Wiegmann

Jafar Panahi au Festival de Berlin. Bernard Kouchner et Frédéric Mitterrand ont lancé un appel en faveur de la libération du cinéaste iranien de 49 ans, emprisonné dans son pays. /Photo d'archives/REUTERS/Arnd Wiegmann - -

PARIS - Les ministres français des Affaires étrangères et de la Culture lancent un appel en faveur de la libération du cinéaste iranien Jafar Panahi,...

PARIS (Reuters) - Les ministres français des Affaires étrangères et de la Culture lancent un appel en faveur de la libération du cinéaste iranien Jafar Panahi, emprisonné dans son pays.

Bernard Kouchner et Frédéric Mitterrand demandent que le cinéaste de 49 ans, lauréat de plusieurs prix internationaux, "puisse rejoindre au plus tôt" le Festival de Cannes qui s'ouvre mercredi soir.

Arrêté à son domicile début mars par les forces de sécurité iraniennes, Jafar Panahi avait été invité à faire partie du jury cannois présidé cette année par l'Américain Tim Burton.

Dans un communiqué commun, Bernard Kouchner et Frédéric Mitterrand demandent la "libération immédiate" de l'artiste et le respect de la liberté d'expression en Iran.

"Alors que le Festival international du film de Cannes ouvre ses portes aujourd'hui, nous condamnons avec fermeté l'arrestation et la détention du réalisateur iranien Jafar Panahi par les autorités iraniennes", écrivent les ministres.

"Il est l'un des représentants les plus éminents du cinéma iranien et a toute sa place dans ce festival", ajoutent les deux hommes, qui demandent "aux autorités de Téhéran de respecter le droit fondamental à la liberté d'expression et de création pour les Iraniens".

Dans un communiqué distinct, Amnesty International "exhorte l'Iran à libérer un réalisateur accusé d'avoir critiqué les autorités" et à lui permettre de se rendre à Cannes, où il a été primé par le passé.

Selon l'organisation de défense des droits de l'Homme, le cinéaste incarcéré à Téhéran "a été arrêté pour avoir réalisé un film sur l'élection présidentielle controversée de 2009".

En début d'année, les autorités iraniennes avaient empêché Jafar Panahi de se rendre au festival du film de Berlin, où le cinéaste avait reçu l'Ours d'argent en 2006 pour "Hors Jeu" ("Offside").

En 2000, il avait reçu le Lion d'or à la Mostra de Venise pour "Le Cercle".

Il a été récompensé à Cannes en 1995 du prix de la Caméra d'Or pour "Le ballon blanc" et du prix du jury en 2003, dans la catégorie "Un Certain regard", pour "L'or pourpre".

Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet