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Des élus s'insurgent contre les mariages trop bruyants

A Marseille, la mairie des 9e et 10e arrondissements a établi une charte de bonne conduite depuis décembre dernier.

A Marseille, la mairie des 9e et 10e arrondissements a établi une charte de bonne conduite depuis décembre dernier. - -

Dans certaines communes, on a du mal à contenir ce que certains qualifient de débordements. La mairie de Nice a récemment instauré une charte de bonne conduite à l’usage des mariés. Charte critiquée notamment parce qu’elle réclame du silence lors des mariages.

Le mois de juin, c’est aussi la période des mariages. A Marseille, la mairie des 9e et 10e arrondissements a établi une charte de bonne conduite depuis décembre dernier. En cas de non-respect, le mariage peut être reporté (ce qui n’est encore jamais arrivé). Dans les cortèges, certains, en plus de faire du bruit, ont des comportements parfois dangereux. A Marseille, dans certains quartiers, on compte plusieurs victimes d’accident lors de ces cortèges ces dernières années, et parfois même des morts. Dans les quartiers nord, une plaque porte le nom d’un jeune homme qui a trouvé mort dans un cortège de mariage.

« Des actes provocateurs à l’égard des règles de la république »

Lionel Royer-Perraud est le chef de cabinet du maire de secteur (UMP). Il explique sur RMC que plusieurs types d’attitudes lors de mariages ont amené à instaurer cette charte : « On note des retards allant jusqu’à une demi-heure, des comportements très dangereux sur la route aux abords de la mairie, des expressions de joies certes compréhensibles mais qui peuvent mettre en danger la vie d’autrui. Et puis c’est aussi des actes plus provocateurs à l’égard des règles de la République, c’est-à-dire venir avec des drapeaux étrangers ou exprimer une religiosité là où il ne devrait pas y en avoir. »

« Faire la fête n’est pas une atteinte à l’ordre public »

Pourtant à Marseille, même au cœur des quartiers nord, certains estiment que de telles chartes sont inutiles et que c’est avant tout par la compréhension et le dialogue que l’on règle les situations, à l’image d’Antoine Valbon, directeur général des services de la mairie de secteur (PS) : « On se marie sans prosélytisme mais avec ses cultures et je ne vois pas en quoi il y a des contradictions entre avoir des cultures et respecter la laïcité. Et je ne vois pas en quoi faire la fête est une atteinte à l’ordre public. Il y a eu, une fois, un coup de feu il y a quelques mois. Un coup de feu un peu comme dans les films, pour faire la fête. On a été voir la personne qui l’a fait pour lui expliquer que c’était interdit, que ça ne se fait pas. Il a compris. Il n’a pas recommencé. »

La Rédaction avec Lionel Dian