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Culture

Cornillac : « On s’attendait à se faire allumer »

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Clovis Cornillac revient sur le devant de la scène avec un film de sciences fiction : Eden Log. C’est un film futuriste et pour la première fois, Clovis Cornillac est, en plus d’être acteur, coproducteur.

GG : Vous savez dans les grandes Gueules on aime bien tout ce qui est un peu décalé, un peu grande gueule tout simplement et Eden Log à cette particularité. C’est un premier film. Celui de Franck Vestiel. On ne va pas raconter l’histoire mais en bref, Clovis Cornillac se réveille au fond d’une grotte lugubre, il a perdu la mémoire ; donc il va essayer de récupérer, de comprendre où il est et puis ensuite on est un peu dans un film genre Resident Evil. En France on ne sait pas faire ce genre de film alors qu’aux Etats-Unis il y a un genre qui existe et ça marche bien. Visiblement ce film n’existerait pas sans vous Clovis, vous avez coproduit le film. Ce film a même du mal, maintenant qu’il est fait à exister pour les français car il ne sort que dans une dizaine de salles en France.
Clovis Cornillac : Ce qui est hallucinant, c’est que de la part des journalistes et des médias, curieusement il y a beaucoup d’intérêt alors qu’on s’attendait à se faire allumer. On a eu une histoire incroyable avec le producteur Cédric Jimenez. On a beaucoup cru en cet homme là (le réalisateur Franck Vestiel) et ensuit e il s’avère qu’on se trompe. Mais là, le film a été vendu dans le monde entier avant même sa sortie en France, les américains sont sur Franck comme des fous aujourd’hui. On a un distributeur, Bac Films, qui était, avant, tenu par un homme extraordinaire, Mr Labadi, il ne travaille plus là bas, mais c’était lui qui s’occupait de nous. Aujourd’hui, le jour où l’on décide des salles (car on ne peut pas le faire Lundi car il y a Noel dans la foulée) pour une sortie Mercredi prochain il y a des problèmes. C’est dommage.
On a fait beaucoup de promotion, le film est plutôt apprécié, il se passe quelque chose autour de ce film et finalement on se rend compte que les gens ne se sont pas battus suffisamment et du coup on sort dans 63 salles en France, ce qui est ridicule. Ce que j’ai envie de dire aux auditeurs, s’ils ont envie d’être curieux, cela serait extraordinaire si l’on arrivait à ce que les gens se déplacent quand même si ce n’est pas en bas de chez vous, par exemple à Paris ça sera au Publicis sur les Champs Elysées. Il faut se dire que s’il y a une vraie démarche ça montrera au distributeur qu’il faut se battre un peu.

GG : Vous avez présenté ce film à Cannes, il s’est vendu tout de suite, partout dans le monde, les américains ont tout de suite senti qu’il y avait un potentiel commercial et que ce réalisateur Franck Vestiel était un réalisateur en devenir. Ils voudraient miser sur lui..Alors pourquoi en France ça bloque ? C’est le conservatisme du Cinéma Français ? On est trop formaté dans un style ?
CC : Je ne sais pas, je ne crois pas. Je pense que dès qu’on fait un film de sciences fiction, qu’on amène quelque chose d’un peu nouveau, un produit, à partir de ce moment là il faut des personnes déterminées pour amener des nouvelles choses sur un marché. C’est vrai que ça demande de l’énergie, celle du réalisateur, du producteur sans compter Canal Plus qui est rentré dans le film. Toutes ces forces là il a fallu y croire. Quand tout d’un coup au dernier moment t’as un truc qui bloque un peu et qu’il faudrait y aller à 200%, c’est frustrant. C’est probablement un manque de conviction ou de la frilosité. Aller convaincre des exploitants qui sont eux, et c’est normal, ils se disent : « est ce que vraiment on a un public pour ça ou pas ? »

GG : Oui mais Resident Evil, ça marche en France, alors si ce n’était pas Clovis Cornillac mais un acteur américain et si c’était américain et non français, on ne se poserait pas ces questions ?
CC : Ce qui est dommage, c’est de se dire surtout qu’on a l’émergence d’un grand réalisateur et qu’on va le perdre.

GG : Sur un premier film les américains dénichent déjà le potentiel ?
CC : C’est hallucinant. Ils ont vu les images, et c’est bon. Le film a été acheté par une boite aux Etats-Unis qui est particulière, c’est Magnolia. C’est un distributeur et un producteur qui fait les films de Soderberg, donc de la qualité, et Magonlia sort notre film en salle et pas simplement une sortie vidéo comme souvent cela arrive dans les achats de films. Ils croient beaucoup au film. Ils aiment beaucoup ce réalisateur. Ils veulent travailler avec lui. La Fox aussi. En France, le jour où il y a un problème avec les salles, on a des distributeur qui nous disent : « On a pas réussi à avoir plus de 63 salles en France ». De ma vie c’est la plus petite sortie que j’aurais faite sur un film qui a un écho incroyable. C’est super choquant !

GG : Au moins on lui donne sa chance au film. Que le public ensuite décide d’y aller ou pas. C’est un peu à lui de décider.
CC : Absolument. Heureusement d’ailleurs. On a la liberté d’aller au Musée ou au Cinéma. On a aussi bien sûr la chance d’exister.

La rédaction-Les Grandes Gueules