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Cannes: un nouveau portrait de père, version italienne

Avec le personnage de Claudio, incarné par l'acteur Elio Germano (photo), "La Nostra Vita" de l'Italien Daniele Luchetti est l'un des nombreux films de la sélection officielle du 63e Festival de Cannes à mettre en avant la figure paternelle. /Photo prise

Avec le personnage de Claudio, incarné par l'acteur Elio Germano (photo), "La Nostra Vita" de l'Italien Daniele Luchetti est l'un des nombreux films de la sélection officielle du 63e Festival de Cannes à mettre en avant la figure paternelle. /Photo prise - -

par Wilfrid Exbrayat CANNES - "La Nostra Vita", qui défend les couleurs de l'Italie cette année à Cannes, est l'un des nombreux films de la...

par Wilfrid Exbrayat

CANNES (Reuters) - "La Nostra Vita", qui défend les couleurs de l'Italie cette année à Cannes, est l'un des nombreux films de la sélection officielle du 63e Festival à mettre en avant la figure paternelle.

Claudio, incarné par l'acteur Elio Germano, est ouvrier dans le bâtiment. Tout va pour le mieux jusqu'au décès de son épouse et la naissance simultanée de son troisième enfant.

Désespéré, il veut prendre sa revanche sur la vie à travers l'argent et s'emploie à relever le défi de finir un immeuble dans les temps, malgré les difficultés liées à la corruption ambiante.

Ses proches l'aideront à parvenir à ses fins et à trouver dans le même temps sa rédemption.

"La Nostra Vita", projeté jeudi au Palais des Festivals et qui sort vendredi en Italie, ne se veut pas une critique de l'Italie mais plutôt un simple regard sur des situations tout à fait contemporaines, a dit le cinéaste Daniele Luchetti.

Selon lui, le personnage principal "représente notre pays de manière primitive, instinctive, sans faire de grands discours".

"Je n'ai pas vraiment voulu critiquer la société, mais la regarder et m'abstraire de tout jugement. Selon moi, ce film éprouve une certaine miséricorde envers l'être humain", a-t-il expliqué.

Dans les notes de production, le cinéaste explique que lui-même et ses scénaristes voulaient éviter d'"instrumentaliser" les personnages à des fins politiques.

"Certes, une lecture politique, au sens noble du terme, est possible en filigrane, mais ce n'est pas le ressort principal de la narration", observe-t-il.

Daniele Luchetti n'avait plus connu la compétition cannoise depuis 1991, année où il présenta "Le porteur de serviette".

Il était en compétition à Venise en 1998 avec "I piccoli maestri" et revenait sur la Croisette neuf ans plus tard, hors compétition, pour présenter "Mon frère est fils unique".

PAS DE RÉDEMPTION, PAS DE PAIX

Le père de "La Nostra Vita" est, vis-à-vis de ses enfants, exemplaire même s'il n'est pas toujours irréprochable en tant qu'individu.

Il est tel Uxbal, le père vivant d'expédients de "Biutiful", film en compétition du cinéaste mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu. Uxbal a malgré tout la garde de ses enfants, dont il s'occupe du mieux qu'il peut avant de disparaître.

"Il (Uxbal) veut laisser quelque chose de positif à ses enfants, quelque chose qui leur donne de l'espoir et qu'ils puissent conserver dans leur vie future", dit de son personnage l'acteur espagnol Javier Bardem.

Deux autres films de la compétition reposent sur un personnage dont la construction s'appuie intégralement sur la paternité: "L'homme qui crie", du Tchadien Mahamat-Saleh Haroun, et "Chongqing Blue", du Chinois Wang Xiaoshuai.

Le père que met en scène Haroun est un homme qui "finit par perdre pied" dans un pays qui s'écroule tout autour de lui. "Il sait qu'il n'y a pas de rédemption possible, qu'il ne trouvera jamais la paix", dit Mahamat-Saleh Haroun.

Le père dépeint par Wang Xiaoshuai, parti en mer trop longtemps pour voir grandir son fils, n'en retrouvera que son souvenir. Il entreprendra alors une véritable enquête policière pour déterminer les circonstances de sa mort violente.

"Le personnage du père est très important pour moi car il illustre la Chine d'aujourd'hui", estime Wang Xiaoshuai.

Même de grosses productions américaines comme "Robin des Bois" ou "Wall Street - l'argent ne meurt jamais" font de la paternité l'un des arguments centraux de leur scénario.

En usurpant le titre et la personne d'un sire Loxley, Robin des Bois (Russell Crowe) s'octroie un père de substitution en la personne du père du chevalier (Max von Sydow), qui lui dira toute la vérité sur son propre géniteur.

Gordon Gekko (Michael Douglas), le trader sans scrupules de "Wall Street" qui revient dans la suite réalisée par Oliver Stone, veut certes faire du "business as usual". Mais il veut aussi renouer avec sa fille qui le renie. C'est le désir paternel du trader qui est alors en jeu.

Edité par Sophie Louet