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Cannes: Bonello explore la prostitution à la Belle Epoque

Le réalisateur Bertrand Bonello, avec quelques-unes des actrices de "L'Apollonide, souvenirs de la maison close", Hafsia Herzi, Céline Sallette et Noémie Lvovsky (de gauche à droite). Avec ce film décrivant l'univers confiné d'une maison de tolérance à ch

Le réalisateur Bertrand Bonello, avec quelques-unes des actrices de "L'Apollonide, souvenirs de la maison close", Hafsia Herzi, Céline Sallette et Noémie Lvovsky (de gauche à droite). Avec ce film décrivant l'univers confiné d'une maison de tolérance à ch - -

CANNES (Reuters) - L'univers confiné d'une maison de tolérance a séduit le cinéaste français Bertrand Bonello, qui revient ainsi pour la deuxième...

CANNES (Reuters) - L'univers confiné d'une maison de tolérance a séduit le cinéaste français Bertrand Bonello, qui revient ainsi pour la deuxième fois en compétition à Cannes.

Bertrand Bonello n'a pas la réputation d'être un cinéaste facile, comme le prouvent ses précédents longs métrages, tels "Le Pornographe" (2001) ou "Tiresia" (en compétition en 2003).

Il en est de même pour "L'Apollonide, souvenirs de la maison close", projeté lundi, qui n'a pas suscité l'enthousiasme de la presse.

Chronique d'une maison close à cheval sur les XIXe et XXe siècles, le long métrage explore le quotidien de filles de petite vertu totalement coupées du monde extérieur.

Mais si Bertrand Bonello a expliqué qu'il s'était gardé de donner de l'endroit "un côté un peu folklore, type Moulin rouge", il a tout autant voulu éviter un aspect "trop feutré, qui aurait eu un côté presque église".

Sous la férule de la tenancière, interprétée par l'actrice-réalisatrice Noémie Lvovsky, les filles dorment le jour et éclosent le soir pour une nuit languissante dans les salons cossus, puis dans les chambres, de leur bordel de luxe.

Arrivée d'une nouvelle, dimanche à la campagne, visite médicale sont quelques événements qui viennent rompre une monotonie qui dissimule mal une violence sourde, celle de la mort d'une fille atteinte de syphilis ou de la mutilation d'une autre par un client qui paraissait bien sous tous rapports.

Bertrand Bonello a réuni une troupe d'actrices aux passés et expériences divers pour interpréter les prostituées.

"Je voulais des personnes qui viennent de milieux très différents pour ne pas avoir une uniformité de jeu et de style", a expliqué le cinéaste en conférence de presse.

Tout comme l'avait fait, 13 ans auparavant à Cannes, le cinéaste taïwanais Hou Hsiao-hsien avec "Les Fleurs de Shanghaï", Bertrand Bonello aborde le sujet sous l'angle d'une esthétique raffinée et alanguie.

Il est servi en cela par une superbe photographie qui met autant en valeur, si ce n'est plus, les visages des prostituées que leurs corps.

"On peut avoir un objet esthétique et parler de la prostitution, ce n'est pas antinomique. Croire que ce le serait, serait une erreur", a-t-il dit.

Le film se termine sur quelques images d'une prostitution très contemporaine déployée sur les boulevards périphériques de la capitale.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Yves Clarisse