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Cadeau de Jeff Koons à Paris: Anne Hidalgo souhaite "que le projet aboutisse"

Les Tulipes de Jeff Koons, exposées le 6 novembre 2012 sur la place Rockefeller à New York, qui ressemblent à l'œuvre prévue pour Paris.

Les Tulipes de Jeff Koons, exposées le 6 novembre 2012 sur la place Rockefeller à New York, qui ressemblent à l'œuvre prévue pour Paris. - Jamie McCarthy - Getty Images North America - AFP

Anne Hidalgo a affiché ce mardi son soutien à l'installation de "Bouquets of Tulips", une oeuvre monumentale de Jeff Koons offerte à la ville de Paris, décriée par des personnalités du monde de la culture.

"Ma position est claire, je souhaite que le projet aboutisse". Devant le Conseil de Paris, Anne Hidalgo a réaffirmé sa volonté de voir l'oeuvre de Jeff Koons installée à Paris. La sculpture baptisée "Bouquet of Tulips" fait polémique depuis plusieurs semaines.

Des personnalités politiques ou du monde de la culture ont publié des tribunes dans la presse dans lesquelles ils dénoncent tantôt l'esthétisme de l'oeuvre, l'opportunisme de l'artiste qui verrait sa cote augmenter, ou encore sur l'emplacement choisi pour installer la sculpture. Cette dernière devrait prendre place entre le Palais de Tokyo et le Musée d'art moderne, un emplacement qui viendrait défigurer la perspective. 

"Vous imaginez la polémique internationale?"

"Je souhaite que ce projet aboutisse. Ce n'est pas moi qui me mettrai en travers", a indiqué la maire devant le Conseil de Paris, en estimant que cette sculpture allait être "un legs majeur" pour la ville. La "question est autant diplomatique qu'artistique", a ajouté Anne Hidalgo, qui par ailleurs "trouve ça beau".

"Vous imaginez la polémique internationale qu'aurait pu générer une position de la ville consistant à dire aux Américains, 'nous ne voulons pas de votre cadeau'?" 

Une polémique s'est fait jour sur le projet d'installation de "Bouquet of Tulips", une oeuvre de 10 m de haut et 33 tonnes offerte en 2016 par Jeff Koons par l'intermédiaire de l'ambassadeur américain Jane Hartley, alors en poste à Paris, après les attentats de 2015 et 2016. 

Un cadeau "qui ne coûte rien"

Des voix ont contesté son emplacement entre le Palais de Tokyo et le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, son coût de 3,5 millions d'euros payé par le mécénat, ou encore la personnalité de l'artiste, l'un des plus cotés au monde.

"C'est un cadeau des Etats-Unis entièrement financé par des mécènes, notamment américains, qui ne coûte rien", a insisté la maire de Paris.

Anne Hidalgo a précisé que les directeurs des deux musées et l'architecte des Bâtiments de France étaient favorables à son emplacement projeté, comme les études techniques réalisées. L'exécutif parisien avait été interpellé par le groupe LR demandant des informations sur le projet.

Danielle Simonnet (Parti de Gauche) avait également proposé un "voeu", qui a été repoussé, pour refuser "ce faux cadeau". "Est-ce réellement un cadeau?", s'est interrogée l'élue en rappelant que les fonds du mécénat étaient déductibles des impôts à 66% et donc payés par le contribuable. "Le mécénat est quelque chose de positif et de bon", a rétorqué Anne Hidalgo.

La ministre de la Culture Françoise Nyssen a déclaré dans le Journal du Dimanche que le gouvernement allait "accompagner la Ville de Paris et trouver ensemble une solution à la hauteur de l'enjeu symbolique", sans plus de précisions.

Carole Blanchard avec AFP