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BD: Conan, "le François Pignon de l'aventure", s'expose à Paris

Conan

Conan - Glénat

Incarné au cinéma par Arnold Schwarzenegger, le personnage est au cœur d'une nouvelle exposition et de deux nouveaux albums de BD.

Tout le monde connaît Conan le barbare, incarné au cinéma par Arnold Schwarzenegger dans un célèbre film de John Milius. Le grand public connaît en revanche moins le véritable Conan, celui imaginé par le romancier américain Robert E. Howard.

Pour rétablir cette injustice, Glénat, l'éditeur de Titeuf, lance une nouvelle collection intitulée Conan Le Cimmérien. Deux albums sont déjà disponibles: La Reine de la Côte noire de Jean-David Morvan et Pierre Alary et Le Colosse noir de Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat.

A cette occasion, la galerie Glénat, située 22, rue de Picardie dans le IIIe arrondissement de Paris, expose les travaux du dessinateur Ronan Toulhoat sur Conan, ainsi que sur d'autres séries comme Ira Dei et Le Roy des Ribauds. L'artiste exposera peu de planches originales de Conan. Et pour cause: au moment de la réalisation de l'album, il dessinait encore sur tablette numérique.

Avant d'accepter de reprendre Conan le temps d'un album, Ronan Toulhoat était familier de cet univers: "Étant de ce métier, on connaît tous Conan, qui est une figure presque mythologique de la culture populaire", indique-t-il.

"Je le connaissais via le film de Milius avec Schwarzenegger et j’avais lu les nouvelles durant l'été 2014."

Couverture de Conan de Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat
Couverture de Conan de Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat © Glénat

Des références à Alexandre, Gladiator et 300

En choisissant la nouvelle Le Colosse noirRonan Toulhoat et son scénariste Vincent Brugeas voulaient s'attaquer à un défi qu'ils n'avaient pas eu l'occasion de relever jusqu’à présent: adapter un texte littéraire en bande dessinée. "Faire ce Conan, c’était revenir sur le format franco-belge et traiter de l’épique", précise le dessinateur, qui a pu mettre en image, pendant une quinzaine de pages, une gigantesque bataille.

Pour composer cette séquence épique, il s'est inspiré autant des peintures de Frank Frazetta, la star américaine de la SF et de la fantasy, que des blockbusters hollywoodiens:

"Pour représenter la bataille, je suis allé regarder les peintres des guerres napoléoniennes qui savaient très bien représenter la mêlée. Pour le découpage de la scène de bataille, on s’est aussi référé à des films comme Alexandre, Gladiator, Braveheart pour voir comment ils rythment leurs scènes et les rendent fluides."

Dans une case, des flèches cachent le soleil: "il y a un petit côté 300", concède le dessinateur, qui a aussi glissé des clins d'œil au Seigneur des Anneaux dans son récit. Pour intensifier la violence de sa longue scène de bataille, Ronan Toulhoat a réduit au maximum les marges entre les cases. 

La coupe mulet de Mel Gibson dans Braveheard
La coupe mulet de Mel Gibson dans Braveheard © Glénat

Le visage de Mel Gibson

Dans Le Colosse noir, Conan est général. Ce n'est pas toujours le cas. Si chaque histoire se déroule dans le même univers, elles sont toutes indépendantes les unes des autres. Conan peut ainsi devenir mercenaire, simple soldat ou général et change d'apparence à chaque fois. Chez Ronan Toulhoat, il a donc le visage de Mel Gibson dans Braveheart:

"Il y avait cette notion de type qui part de nulle part et qui prend la tête de son armée… Ça nous a parlé. Dans l’imaginaire de Howard, son Conan est une sorte de François Pignon de l’aventure. Je reprends les mots de mon scénariste. C’est une excuse pour avoir dans un même univers plein de types de rôles qui traversent des aventures."

Une aventure qui n'est pas près de se terminer: deux nouveaux albums de Conan le Cimmérien sortiront à l'automne.

La Reine de la Côte noire de Jean-David Morvan (scénario) et Pierre Alary (dessin), Glénat, 64 pages, 14,95 euros

Le Colosse noir de Vincent Brugeas (scénario) et Ronan Toulhoat (dessin), Glénat, 72 pages, 14,95 euros.

Jérôme Lachasse